20190116 iffs19

Imprimer

Meubelbeurs 2018

Écrit par Laurent FENEAU on 20 décembre 2018. Posted in Salons Europe

Bruxelles, miroir de tendances

Avec quelques 20 000 visiteurs professionnels dont 60 % venus de l’étranger, le salon du meuble de Bruxelles prouve cette année encore qu’il bénéficie d’un véritable rayonnement international. Un succès dû à ses organisateurs, auteurs d’un événement mêlant convivialité et inventivité, mais également à des exposants toujours prompts à relayer le dynamisme inhérent à la formule…

Laurent Feneau

20181220 bruxelles

L’imagination est à nouveau au pouvoir pour cette édition 2018 du salon du meuble de Bruxelles qui s’est tenu du 4 au 7 novembre. Ceci, grâce à ses exposants, mais davantage encore grâce à son équipe de direction qui, plus que jamais, fait preuve d’envie et de caractère. Résultat, l’événement parvient à faire le plein de produits mais également de visiteurs de qualité. Mieux, avec un volume d’affaires conséquent sur tous les segments et plus particulièrement sur la literie, la manifestation parvient à tirer son épingle du jeu en dépit d’un marché belge du meuble largement à la peine en 2018. En effet, selon Fedustria, l’équivalent de l’IPEA chez nos voisins du Nord, ce dernier voit son chiffre d’affaires reculer de 2,7 % sur le premier semestre. Pas de quoi pavoiser certes, si ce n’est que tous les secteurs du meuble ne sont pas logés à la même enseigne… La cuisine et la literie tendent ainsi à reprendre des couleurs sur la période étudiée, avec un bond en avant pour la première (+2,5 %) et une micro progression pour la seconde (+0,1 %).

Une offre 100 % dans l’air du temps !
Bref, tout ne va pas si mal au plat pays et surtout pas sur le salon du meuble de Bruxelles où pour cette édition 2018, la satisfaction est évidente du côté organisateurs. « Les acheteurs s’orientent de plus en plus vers des programmes moyenne gamme contemporain et c’est justement le cœur de gamme du Salon du Meuble de Bruxelles ; dans ce sens, nous collons de plus en plus aux attentes des visiteurs », fait ainsi remarquer Lieven Van den Heede, Directeur de la manifestation. L’événement fait d’autant plus mouche cette année que les exposants, toutes nationalités confondues, travaillent dur au développement de nouvelles collections. La qualité des stands est là pour le prouver, les principaux acteurs du marché européen du meuble mettent en effet les bouchées doubles sur cette édition. A commencer par les exposants belges, toujours en nombre (plus de 43 % des exposants) sur lesquels les organisateurs ont de longue date posé les bases du développement de la manifestation. A noter qu’en dépit des conditions difficiles du marché national, les fabricants affichent des stands aux dimensions supérieures par rapport aux années précédentes tandis que de nouveaux noms du meuble belge participent à l’événement pour la première fois. C’est entre autres les cas de Kasaïs, Igor Home Interiors et Credendo+.
La Hollande (32,6 % des exposants) n’est pas en reste et conforte même cette année sa place au cœur de la manifestation. « Les industriels hollandais continuent à cibler leurs efforts sur l’export, notamment à destination de la Belgique ; d’où leur présence renforcée sur cette édition dont Living Furn, Brix, Ligth&Living et House of Sakk qui font le voyage pour la première fois », poursuit Lieven Van den Heede. Dans l’espace baptisé Patio, les exposants néerlandais sont ainsi une fois de plus mis à l’honneur sous le concept Holland à la carte. Si le visiteur hollandais s’y sent chez lui, l’ensemble des acheteurs européens y trouvent également leur bonheur en 2018. Entre Cartel Living, Kluskens, BKS, Jess Design, pour les plus contemporains ou encore Nouvion, HE Design et Ztahl by Dijkos pour les plus design, nombreuses sont en effet cette année les collections s’inscrivant parfaitement dans l’air du temps.

Droit dans sa botte…
A l’image des dernières éditions, les industriels italiens (près de 9 % des exposants) répondent eux aussi largement à l’appel cette année, avec la plupart des acteurs référents du marché transalpin tels que Max Divani, Franco Ferri, Calia, Bardi, Egoitaliano, ou encore Corium Italia. A noter que dans le hall 3, Max Divani et Franco Ferri occupent cette fois chacun un stand distinct, l’un et l’autre tout aussi vaste qu’impressionnant. Ces grands noms du meuble italien sont rejoints sur cette édition par Altoni et New Trend Concepts qui participent pour la première fois à la manifestation bruxelloise, venant ainsi en renfort d’une offre déjà prometteuse.
La French Touch, particulièrement repérable sur cette édition, rythme elle aussi les allées de la manifestation de Bruxelles. Rappelons que les industriels français pèsent en moyenne chaque année pour 6 % des exposants. 2018 n’inverse pas la tendance sur ce point et le meuble tricolore reste bien représenté cette année, notamment par Gautier qui présente sa collection Gami, Demeyre Group ou encore Alsapan et Girardeau. Sans oublier bien sûr l’offre toujours qualitative d’Akante sur les tables de salon. Pour la plupart d’entre eux, le Salon du Meuble de Bruxelles est l’occasion bien sûr de présenter nouvelles collections et/ou concepts innovants, mais également et surtout de toucher de nouveaux acheteurs étrangers. Nombreux sont par ailleurs les acheteurs français à faire cette année le voyage à destination du plat pays. « Bon nombre d’entre eux font le déplacement, car ils trouvent ici l’offre qu’ils recherchent pour leurs assortiments de base, ce qui nous permet de nous distinguer des autres salons européens », confirme ainsi la direction de la manifestation.
Au final, en invitant la plupart des grands noms du meuble européen, l’édition 2018 parvient au final à rester sur la ligne historique du salon belge – l’ameublement milieu/haut de gamme – tout en impulsant une montée en gamme générale au niveau de l’offre proposée, tant en faveur du contemporain que du design.

Literie verte
Cette évolution est tout aussi repérable sur Brussels by Night, espace du salon dédié 100 % au sommeil. Cette année encore, les fabricants du secteur rivalisent de dynamisme. Résultat, de nombreuses et réelles innovations, tant en termes de techniques que de confort de sommeil avec des offres de plus en plus complètes. Du matelas à la table de chevet, en passant par le TPR et des collections complètes de linge et accessoires, le candidat au sommeil haut de gamme a ainsi cette année l’embarras du choix pour trouver literie à son pied, quel que soit son style, son confort ou son prix. D’autant que l’offre proposée à Bruxelles s’enrichit cette année de quelques jolies nouveautés, qu’il s’agisse des matelas de Duvatex ou encore des élégants textiles des belges De Witte Lietaer et Mia Zia. Sans oublier les boxsprings et convertibles de Martell et Redcorner Beds de Pologne, ou encore – de Roumanie – Axbro et ses pieds pour boxsprings et la literie 100 % écologique du grec Candia…
En effet, la literie durable a plus que jamais le vent en poupe à Bruxelles. Du liège au latex, en passant par les matériaux recyclables, une tendance très “nature” prolonge effectivement une offre bien positionnée en termes de protection de l’environnement. « La plupart des fabricants du secteur du sommeil sont effectivement très concernés par la problématique de l’environnement et s’engagent aujourd’hui dans une démarche de développement durable », confirme sur Brussels by Night, le Directeur du salon.

Ô bois jolis !
Au-delà de la seule literie, le respect de l’environnement s’applique non seulement à tous les segments du meuble mais également à tous les acteurs de la filière. À commencer par le designer, premier concerné par les questions d’écoconception quel que soit le secteur d’activité dans lequel il exerce ses talents ou le mode d’expression qu’il pratique. Sa responsabilité en termes d’anticipation conceptuelle, mais surtout de choix des matériaux est en effet incontestable. Parmi les mesures préconisées en termes d’écoconception de mobilier, économiser la matière peut être considéré comme le premier geste écologique, sauf pour le bois dont l’une des qualités est de stocker le CO2. Grâce à de nouvelles technologies comme celle dite des “pores synchrones”, l’aspect bois est par ailleurs mieux imité que jamais. De nouveaux matériaux sont ainsi désormais travaillés par les services R&D. Ceux-ci, par leurs qualités – tantôt poreuse comme le liège, tantôt dense comme le ciment ou la céramique – offrent de nouvelles possibilités. D’autant que les designers y superposent des transparences – verres, fibres ou plastiques – permettant de générer de nouveaux volumes.
Si la recherche sur les nouveaux matériaux va bon train sur le secteur du meuble, c’est toutefois dans les écoles de design que les avancées sont les plus notables. D’où la présentation cette année sur le salon des projets des étudiants de trois écoles belges. « Le bois reste pour l’heure la matière première essentielle de la plupart des meubles produits aujourd’hui. Ce qui n’empêche pas des évolutions très importantes. Ainsi, de plus en plus d’essences différentes sont utilisées, des plus classiques comme le chêne ou le frêne, aux plus atypiques comme le bambou ou l’aggloméré qui fait un retour en force », confie ainsi Bass Pattyn, Bachelor à l’école Thomas More Mechelen. Et de préciser, « les matériaux vont continuer à évoluer ; le bois mais également et surtout les plastiques dont les nouvelles formulations permettent un recyclage plus systématique. A noter que cette nouvelle génération de plastiques permet d’ores et déjà plus de souplesse notamment pour les impressions 3D ».

Planète meuble
Enfin, les choix chromatiques des designers et industriels soulignent la force de ce travail sur la matière. Si l’on croise les tendances observées à Milan, Paris et Bruxelles, les couleurs les plus tendance du moment s’orientent vers des tons acidulés, des verts et jaunes lumineux ou à l’inverse, des tons pastels aux harmonies plus ténues. Parallèlement, d’autres teintes très “nature” font leur apparition ces derniers mois. C’est le cas de l’orge, de la myrtille ou encore d’ocres ultra lumineux. Au final des couleurs 100 % fraiches, empruntées au quotidien ou puisées dans les paysages d’ici et d’ailleurs. Une évolution particulièrement repérable chez le Belge Joli qui, sur Square, présente de nouvelles collections de tables et de chaises au dessin volontairement très épuré. Les nouveaux sofas et convertibles présentés par Dienne Salotti et Glamour Sofa s’inscrivent également dans cette volonté d’inscrire l’objet meuble dans des matériaux et teintes en prise directe sur la nature, sa faune et sa flore.
Bref, sur l’ensemble des segments y compris celui de la literie, le salon du meuble de Bruxelles parvient cette année une fois encore à faire la différence. D’un positionnement pertinent sur le contemporain haut de gamme à une offre bien pensée mixant matériaux, cultures et design, en passant par un questionnement ad hoc sur la durabilité de la filière meuble, l’événement se fait l’écho de la plupart des évolutions actuelles du marché. Enfin et surtout, avec une présence renforcée des pays non européens sur cette édition – notamment Turquie, Tunisie, Brésil, etc. – le salon du meuble de Bruxelles se fait le reflet de toutes les tendances d’un marché de plus en plus internationalisé.