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CIHS Shanghai 2012

on 20 février 2013. Posted in Salons 2012

Une belle mécanique

Faut-il encore le rappeler, Shanghai est devenue en l’espace de quelques années une des capitales les plus dynamiques du monde, voire la plus dynamique. Elle n’est pas seulement une cité vitrine d’un pays qui petit à petit est en train de se hisser au sommet de l’économie mondiale. La mégapole chinoise est désormais le carrefour planétaire des affaires et rencontres internationales. Il n’est donc pas étonnant que les salons professionnels de tous secteurs y connaissent des succès fracassants. Bien entendu, le salon CIHS n’a pas échappé à la règle.

Il n’y a d’ailleurs pas de quoi s’esbaudir. Depuis que la machine de guerre Koelnmesse a repris en mains la manifestation, il y a maintenant quelques années, la montée en puissance n’a jamais cessé malgré tous les évènements et tempêtes monétaires, immobilières, financières qui secouent la planète comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Toujours est-il que dans ce contexte particulièrement chahuté, le CIHS (acronyme de China International Hardware Show) s’est hissé à la vitesse de l’éclair au premier rang des salons spécialisés dans l’outillage, la serrurerie, la visserie, la quincaillerie, sans oublier le bricolage, sur le continent asiatique, au point d’avoir écrasé toute velléité de concurrence et se hisser au second sur le plan mondial, dans le sillage et sous l’aile bienveillante et protectrice du grand frère allemand. Mieux encore, la synergie fonctionne à plein régime entre les deux organisations. Ainsi les fabricants asiatiques peuvent-ils bénéficier d’une plateforme d’exposition en Europe, à Cologne tous les deux ans, lors du salon Eisenwarenmesse, où ils sont les bienvenus à condition de respecter les très stricts cahiers des charges des organisateurs rhénans, notamment au sujet de la copie. Ainsi le visiteur européen qui n’a ni le temps, ni l’envie (c’est un grand tort, NDLR) de se rendre à Shanghai en septembre, dispose de l’opportunité de découvrir une partie de l’offre asiatique, essentiellement chinoise de qualité, cautionnée par Koelnmesse aux commandes des deux salons. Et si quelques-uns de ces visiteurs avaient un doute quant au bon fonctionnement et la complémentarité des deux manifestations, qu’ils sachent que la collaboration entre les entreprises chinoises et les organisateurs allemands se resserre toujours un peu plus. Nous en voulons pour preuve la création et la montée en puissance du salon Asia Pacific Sourcing qui se tient à Cologne biennalement, en alternance avec Eisenwarenmesse. Cet évènement qui n’a pas manqué d’intriguer les observateurs lors de sa création, se déroulera du 5 au 7 mars 2013, et sera essentiellement dédié, une fois de plus, aux industriels asiatiques de l’outillage, de la serrurerie, du bricolage et du jardin. Sachez qu’ils seront plus de 600 exposants à proposer leurs nouveautés et innovations aux acheteurs européens en quête d’un sourcing fiable, sans avoir à traverser le monde. Que ces mêmes acheteurs sachent également, que ce n’est pas n’importe quel sourcing qui leur sera proposé. En effet, ils auront l’occasion de voir ce qui se fait de mieux dans le domaine, via une exposition au cœur de la foire, nommée Best Of China, au sein de laquelle s’exposeront les produits issus du savoir-faire de nos amis chinois, qui n’ont plus peur d’afficher le “made in China” comme un atout de qualité. Voilà ce que l’on appelle une vraie collaboration entre deux pays.

Juste retour des choses

Mais les équipes Koelnmesse ne sont pas en reste, tant s’en faut. Non seulement elles exportent avec succès leur efficacité en matière de gestion et management de salons dans un pays qui en a encore bien besoin, nous avons pu le constater de visu dans d’autres foires “organisées” à la Chinoise, sur d’autres secteurs, en d’autres lieux du territoire, mais en plus elles créent elles-mêmes leur propre plateforme en prenant en charge la conduite des affaires comme cela se passe sur le CIHS. Il ne faut cependant pas y voir quelconque méthode autoritariste, bien au contraire puisque, comme toujours, l’organisateur rhénan fonctionne avec la bénédiction et en partenariat avec les syndicats locaux les plus puissants, en l’occurrence ici avec La China National Hardware Association. Tant et si bien que l’appui de l’organisation garantit le succès, tant en nombre d’exposants que de visiteurs. Une fois cette plateforme assurée d’être remplie, nos amis allemands mettent en place un vaste pavillon à leurs couleurs, où les fabricants nationaux peuvent y exposer leur offre en toute sérénité. Logistique assurée, assistance efficace, succès d’affluence garanti, tout est réuni pour assurer le succès à l’export. Toujours plus fort, Koelnmesse, pour qui le terme internationalité n’est pas un vain mot, met en marche un vaste processus marketing pour recruter exposants et visiteurs de tous les pays, tout en laissant une part belle aux fabricants chinois, dont ils se contentent de vérifier la qualité de la mise en valeur des stands d’exposition, et le cas échéant d’apporter une assistance, au même titre que les exposants étrangers.

Une recette qui fait ses preuves

Quoi qu’il en soit la recette fait ses preuves et, crise ou pas, le salon CIHS n’en finit pas de voler de record en record. Ainsi pour cette édition 2012, ce ne sont pas moins de 46 368 visiteurs qui ont fait le déplacement, ce qui représente une augmentation de 17 % par rapport à l’an passé. Quant aux acheteurs internationaux, cheval de bataille Koelnmesse, ils sont venus de 90 pays, dont les géants mondiaux à qui l’importance de l’événement n’a pas échappé, qu’ils se nomment Walmart, Lowe’s, Kingfisher, Metro, Carrefour, Leroy Merlin, Saint-Gobain, pour ne citer que les plus célèbres. Ils sont d’ailleurs, au fil des années devenus des fidèles. Enfin pour compléter le domaine des chiffres, sachez que les exposants se sont comptés au nombre de 2 400, répartis sur 103 500 m2. Quoi qu’il en soit, ces résultats prouvent que si le CIHS fait le plein, c’est avant tout parce que son offre est bien en phase avec une demande à multiples facettes qui mérite que l’on s’y attarde. Tout d’abord, et malgré certains signes de tension, l’immobilier chinois continue son ascension vertigineuse. Le logement reste la priorité d’un sujet de l’Empire du Milieu. Il constitue le marqueur social fondamental. Si la menace de la bulle annoncée est toujours présente, elle semble à ce jour sinon jugulée, du moins contenue, ce qui toutefois n’empêche pas les prix de grimper, tant la demande reste soutenue. Il est donc clair que les entreprises impliquées dans les métiers de l’outillage ou de la quincaillerie sont florissantes ce qui explique leur nombre élevé, et par conséquent leur présence massive sur le salon. D’ailleurs certains secteurs, comme la visserie, qui avaient délaissé la foire ces deux dernières années, font un retour en force. L’autre raison du succès de ces sociétés se trouve dans leur activité bicéphale, puisque leur production est très souvent dédiée à la fois au sourcing, et au marché intérieur. C’est ainsi que l’export qui affiche un certain recul en raison d’une conjoncture internationale déprimée sur les marchés occidentaux, est largement compensé par la montée en puissance de la demande locale. Cependant à propos de l’export, il est à noter que celui-ci a subi un fléchissement, pas un effondrement, puisque la demande de nouveaux pays émergents compense les baisses de commandes venues du vieux continent. Donc, que l’on ne s’inquiète pas trop pour les entreprises nationales du secteur, elles vont bien merci, et l’ont prouvé en présentant des stands souvent impressionnants, tant en taille qu’en volume.

Une carte à jouer

Cette montée en puissance de la demande intérieure chinoise constitue également une opportunité pour les industriels occidentaux, à fortiori ceux qui possèdent une forte notoriété. En effet le consommateur local est demandeur de marques, quel que soit le secteur, et l’outillage n’échappe pas à la règle, même si c’est moins flagrant que dans l’automobile. On ne se promène pas dans la rue avec une perceuse, à moins d’être un dangereux psychopathe. En revanche, les clients sont sensibles à l’image du produit, même dans l’outillage pas très glamour, lorsque celui-ci véhicule la notion de fiabilité, de technologie, d’ergonomie. Dans le domaine les entreprises occidentales possèdent encore une avance technologique reconnue, et plus que jamais leurs produits ont leur place sur ce marché. Les fabricants allemands l’ont parfaitement compris et jouent à fond cette carte dans tous les domaines. Ils l’ont encore prouvé sur le salon CIHS. Le pavillon exsudait littéralement la qualité, le savoir-faire par tous ses pores, bien soutenu par l’assistance Koelnmesse. Force est également de reconnaître que les produits germaniques de l’outillage bénéficient d’une réputation de qualité justifiée. Nos amis allemands en ont joué à plein, ceci est de bonne guerre. Cependant, notre production tricolore n’a souvent rien à envier à ses concurrents, et beaucoup ont largement leur place sur ce créneau de marques qui séduisent tant ces nouvelles classes aisées. Encore faudrait-il qu’il existe une vraie volonté, un vrai esprit de conquête des marchés export, ce qui à ce jour est loin d’être le cas. Puissent nos entreprises nous faire mentir et se lancer comme nos voisins outre-rhénans à l’assaut de l’Empire du Milieu. Il existe une vraie carte à jouer, et surtout tout à y gagner. La consommation se réveille en Chine. Les importations dépassent cette année les exportations pour la première fois. Encore faut-il que l’on comprenne bien qu’un marché aussi gigantesque ne se conquiert pas en un jour. C’est un travail de longue haleine, qu’il est fortement recommandé de ne pas laisser tomber après un premier essai. Sans grande surprise, le CIHS a une fois de plus fait le plein. Koelnmesse et ses partenaires locaux ont mis en place une formidable machine qui tourne à plein régime, et il serait encore plus formidable si quelques pièces bien de chez nous venaient encore s’attacher à ses rouages…

Philippe Méchin