20170811 salon bruxelle
Imprimer

Marie-Francine dans la literie

Écrit par Marie-José NICOL - Rédactrice en chef on 10 septembre 2017. Posted in Editorial

20161101 mjnA 50 ans, Marie-Francine est larguée par son mari parti pour une plus jeune. Au travail, ce n’est pas mieux : on la juge trop âgée et elle est virée pour compression de personnel.

Bref, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents. La cohabitation avec ses géniteurs devient insupportable. Marie-Francine ne supporte pas qu’ils tentent de la recaser avec des hommes qui ne l’attirent pas une seconde : « un fin de race dépressif, un pédé et un alcoolo », explique-t-elle, désabusée. Toutefois, pour l’occuper, ils décident de lui acheter un commerce. Ils optent pour un magasin de literie, car la rentabilité est sans doute l’un des points forts des points de vente des métiers de la maison. Marie-Francine veut un achalandage moderne pour attirer des jeunes dans sa boutique. Elle souhaiterait y présenter de nombreux objets connectés. Ses parents s’y opposent : « Le marché n’est pas mûr », objectent-ils.
    
- Certes répond-elle, mais c’est comme la voiture rouge dans la vitrine du garagiste, il n’en vend pas, mais cela attire le client. Et puis, les objets connectés donneront une image de magasin du 21e siècle.
Anne et Pierrick, ses parents, hochent la tête, pas convaincus.
- Nous vivons désormais à l’heure des start-ups. Regardez ce qui se passe à Las Vegas, au CES, poursuit-elle.
- Justement, les start-ups américaines ne viennent pas en France, car elles ont trop de mal à lever des fonds, car les consommateurs sont très réticents, objecte Anne.
- Certes, mais les Français y viendront. Regardez le succès d’un salon comme Vivatech, le CES à la française. Et puis, grâce aux objets connectés, la literie rejoint la notion de santé, bien-être, si chers aux consommateurs : 80 % des problèmes de sommeil sont dus aux mauvais comportements durant la nuit (ronflements, apnée du sommeil, etc.), analyse Marie-Francine. Désormais, nous ne devons plus vendre seulement de la literie, mais tout l’environnement d’un sommeil de qualité.
- Mais cela ne va pas être rentable, oppose Pierrick.
- Pas si les vendeurs sont bien formés. C’est la clé de la réussite de ce rayon. Et puis, nous pouvons également vendre ces objets sur notre site Internet.
- Parce que tu veux aussi avoir un site internet ? Mais c’est du suicide ! Tu vas te saborder toi-même, s’indigne Anne.
- Bien que les sites Internet (pure players) ne représentent que 9 % du marché actuel du meuble, certains experts estiment qu’ils peuvent conquérir 30 % du marché. Tu te rends compte ?, poursuit Pierrick.
- D’autres prédisent que jamais, ils ne dépasseront 20 %, rétorque Marie-Francine.
- À ce niveau, peu importe, répond sa mère.
- D’autant que de nouvelles marques font régulièrement leur apparition sur ces sites. Certains parlent d’une par semaine, complète le père.
- Il est également question de nouveau concept comme Casper, qui connaît aux USA des progressions extraordinaires, et a bien l’intention de bousculer la vielle Europe, analyse Anne.
- Oui, les spécialistes vont être en danger, tu devras être vigilante, renchérit Pierrick.
- Je vous répondrais que d’abord les enseignes de l’équipement du foyer, qui s’arrogent 54 % du marché de la literie, prendront la vague avant nous, les spécialistes, rétorque Marie-Francine.
- Et alors ? Cette concurrence vous fera du mal tôt ou tard, argumente Anne.
- Vous apportez de l’eau à mon moulin, car, justement, pour nous démarquer et créer de la différenciation, nous devons faire de notre point de vente, un lieu évènementiel et cela passe par Internet, s’anime Marie-Francine.
- Comment cela ?, questionnent, en chœur, les deux parents.
- Aujourd’hui, Internet n’est plus un concurrent, c’est la porte d’entrée du point de vente. Mais ce qui est important, aujourd’hui, ce n’est plus seulement d’avoir un site internet, c’est l’interaction entre ce site et le magasin.
- Que veux-tu dire ?, s’étonne Anne.
- Le consommateur commence sa recherche sur Internet avant d’aller en point de vente. Il faut que lorsqu’il arrive dans le point de vente, le vendeur, avec qui il a pris rendez-vous sur le Net, sache déjà, grâce à sa tablette, ce qu’il cherche et puisse, dès son arrivée, répondre à ses questions. Je songe même à m’adjoindre les services d’un petit robot pour accueillir mes clients et créer le buzz. C’est encore cher, mais en mutualisant à plusieurs, nous pourrions y arriver. Mon groupement est en pleine réflexion sur ce sujet.
- Un robot, quelle horreur ! s’indigne sa mère.
- Et puis cela va mettre des vendeurs au chômage, renchérit le père.
- Mais non, les robots d’aujourd’hui, ne remplacent pas les humains, ils les aident. Mais regarde autour de toi, tu es déjà cerné par les robots : dans ta voiture, dans les usines, etc. D’ici à 2020, les robots feront leur apparition dans le paysage commercial, mieux vaut anticiper.
- C’est révolutionnaire, s’ébahit Anne.
- C’est pour cela que c’est intéressant. Si le commerce de papa veut survivre, il doit muter, s’adapter et surtout oser. « De l’audace, toujours de l’audace », préconisait déjà Danton. J’ai encore beaucoup de surprises dans mon escarcelle. Je vais créer des communautés d’acheteurs qui s’échangeront des avis, mettre l’accent sur la satisfaction client, ce que mes concurrents ne font pas, créer des bases de données pour mieux connaître les profils de mes consommateurs, etc.
- Tu es folle ma fille. C’est un magasin de literie que tu ouvres. Tu ne tournes pas un film de science-fiction !, se désole le père.
- De toute façon, je te connais, tu n’en feras qu’à ta tête. Mais attention, ne compte pas sur nous pour te renflouer lorsque tu auras fait faillite, prévient Anne.

Marie-Francine ouvrit donc son magasin et mit en pratique tous les préceptes qu’elle avait évoqués. Le démarrage fut un peu lent, mais assez rapidement, le succès fut au rendez-vous. De plus, elle trouva l’amour en la personne de Miguel, le charmant cuisinier du restaurant d’à côté, dans la même situation qu’elle, également obligé de vivre chez ses parents. Mais bientôt ils eurent assez d’argent pour emménager ensemble. Happy end !

20160613 rejoignez-nous

Le staff

20160405 mobilium-logoRédactrice en chef :
Marie-José NICOL
Secrétaire générale :
Leïla BIKINY
Rédacteurs :
Laurent FENEAU
Philippe MÉCHIN
Sabine ALAGUILLAUME
Valérie CLÉMENT
Julie DJIAN
Pierre ANTOINE
Noémie MARTIN
Cellou diallo
Naïma BENHEBBADJ
Chef de marché :

Stéphane SARTI
Webmaster -
Rédacteur graphiste :
François CARUSO

Mobilium
Revue éditée
par la société BM2C Média
ISSN : 1633-7247

bm2c

 

 

 
Présidente : Juliette-Marie ANGELI
Siège social :
25, rue de Turin - 75008 PARIS
Revues associées :
Bricomag - Confortique
Sites associés :

bricomag-media.com
confortique-media.com