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Prédiction pour 2017*

Écrit par Marie-José NICOL - Rédactrice en chef on 1 décembre 2016. Posted in Editorial

20161101 mjnStéphanie Martin est journaliste. Sans cesse, ses connaissances professionnelles lui demandent comment elle voit l’évolution de leur métier. Elle fait illusion en leur racontant quelques histoires ou comptes rendus de conférence auxquelles elle a assisté, mais en fait au bout d’un certain temps, elle est un peu en panne d’inspiration. Que faire ? Elle décide d’aller voir un voyant. Après de longues recherches sur Internet, son choix s’arrête sur un certain Nostradamus qui se prétend la réincarnation du grand mage. Il la reçoit dans une pièce recouverte de tentures. Sur un guéridon enjuponné trônent une très belle boule de cristal et un jeu de tarot de Marseille. Le mage, grand, porte une très belle robe en soie dans des tons mordorés et un turban assorti.
Nostradamus la salue d’un Bonjour retentissant.

- Asseyez-vous et tirez 12 cartes avec la main gauche.
Stéphanie, un peu intimidée, s’exécute.
- Bon, que voulez-vous savoir ?    
- En fait, je ne suis pas venue pour connaître mon avenir personnel, mais celui de la société. Je dois écrire un article sur l’évolution du consommateur et du commerce.
Le mage frotte la pierre qui orne son turban, signe d’intense réflexion.
- L’exercice n’est pas simple. Je vous compterai le prix de deux séances.
- D’accord, mais je vous préviens, je ne vous paye que si je suis satisfaite.
- Commençons, incite le mage.
- Voyons, vous avez tiré le bateleur. Notre société se caractérise par un renouveau permanent. Le monde moderne est placé sous le signe de la complexité : réseaux, processus échanges, structures, interdépendance, régulation, convergence, accélérations… mais juste à côté trône la Papesse signe d’une relation cachée. En réaction à ce constat émerge une voie humaine cherchant à donner du sens à l’action et à « grandir en humanité ».
- Pouvez-vous être plus précis ? questionne Stéphanie.
- Oui, la carte suivant est l’Amoureux, qui symbolise les valeurs affectives. Dans une société multiculturelle marquée par des votes populistes ou d’extrême droite, les citoyens aspirent à redonner du sens à la fraternité et à la solidarité. Il s’agit de trouver en soi une clé créative. Donc, si la machine n’a jamais eu autant de place dans notre quotidien, il n’en demeure pas moins que l’individu s’en méfie. Il veut remettre de l’humain au centre du dispositif digital en abolissant les frontières entre réalité, fiction et virtualité dans un désir de vivre de façon émotionnelle le monde qui l’entoure.
- Quelles sont les conséquences pour les marques ?, s’enquiert Stéphanie.
- Elles doivent imaginer des produits aux usages fluides et aux propriétés réversibles qui s’adaptent aux besoins et aux désirs du consommateur. C’est l’ère du marketing de la sérendipité ou économie de l’affect.
- Retournez une carte, ordonne le mage. L’empereur. Il symbolise l’autorité et la toute-puissance du consommateur qui grâce au digital détient désormais un vrai pouvoir. Mais, ce dernier doute. Pour le convaincre, les marques doivent penser en preuve d’authenticité.
Le nouveau crédo est : « je ressens donc je crois ». C’est dans cette optique que s’inscrit l’importance du design. Voyez, les lauréats de l’Institut Français du design démontrent que servir le client doit être une promesse tenue à l’usage et dans la durée. Ce n’est pas un hasard si leur slogan se résume en 5 E : Economie, Ergonomie, Emotion, Esthétique, Ethique.
- Effectivement, la Présidente de l’Institut professait récemment que le design, quand il est quotidien et incarné, constitue la meilleure réponse aux questions sociétales. Mais soyons plus concrets, mes lecteurs sont des commerçants, que leur réserve 2017 ?, insiste Stéphanie.
- La carte du Chariot. C’est très bon cela. Il symbolise la réussite et la mutation. Les Français ne sont pas dupes des efforts des sites Internet. Certes, Amazon, qui dispose de toutes les données d’achat et des préférences produits, connait certainement mieux le consommateur que le petit magasin de meuble du coin, mais ce dernier « reconnaît » le consommateur au même titre que le boucher et le boulanger. Or, les notions de reconnaissance et de confiance sont essentielles dans la construction d’une relation durable de qualité. Le petit commerçant a donc de beaux jours devant lui à condition qu’il ait recours au numérique, car il se doit d’entrer en résonance avec les attentes de ses clients. Les français sont prêts à les aider. Ils sont 59 % à être enclins à être sollicités par leur commençant local et 74 % à bien vouloir répondre à des sondages.
- C’est qu’intervient le Web to store, commenta Stéphanie.
- Tout à fait. Bonne nouvelle, il est maintenant définitivement entré dans les mœurs non seulement des grandes enseignes, mais également des petits points de vente pour qui le Web-to-store fait maintenant partie intégrante de leur stratégie commerciale. Tel n’était pas le cas naguère. Les consommateurs leur en savent gré et reconnaissent la qualité de la relation client en magasin, mais aussi le service client. Mais voyons la carte suivante. C’est la mort.
- C’est mauvais pour nos petits commerçants, s’inquiète Stéphanie.
- Mais non. Dans le Tarot, cet arcane signifie la fin d’un monde et le départ vers une nouvelle vie. Nous sommes en plein dans le sujet. Pour mieux faire à ces nouveaux enjeux, l’attractivité de la Franchise ne se dément pas, non seulement pour les commerces existants, mais elle attire également de nouveaux membres puisque 31 % des français aimeraient créer une entreprise et se mettre à leur compte. Les franchiseurs, à 96 %, mettent en œuvre de nouveaux relais de croissance qui, à 80 %, satisfont leurs ouailles. La plupart du temps ce sont les nouveaux outils du commerce qui sont plébiscités : click & collect, tablettes, Web to store sans oublier le paiement sans contact présent chez 43 % des franchisés.
- Quelle va être l’évolution la plus marquante en 2017 ?, poursuit Stéphanie.
- Vous avez tiré la maison Dieu. Elle signifie mutation douloureuse, mais bénéfique sur le long terme. Voilà qui définit parfaitement le Big Data. Les technologies de recueil des données sont là : aux entreprises de les maitriser et de comprendre la valeur qu’elles revêtent. Grâce à eux fabricants et distributeurs vont pouvoir s’intéresser aux usages des consommateurs. Ils seront alors à même de proposer les produits les mieux adaptés. Les produits devant figurant dans les catalogues s’imposeront d’eux-mêmes : fini les longues et fastidieuses discussions entre chefs de produits. Au passage voilà qui rend également caduque la fameuse massification des achats dont certains nous rebattent les oreilles, place à la personnalisation. Le Big Data ouvre la porte à toute une série de services dont nous n’avons même pas encore conscience. Nul doute que le Big data ne nous amène à penser autrement. Les possibilités sont élevées grâce à la règle des 3 V (Volume, Vélocité et Variété). Mais attention, il est essentiel que tous se coordonnent sur la gestion des données.
- Alors faut-il être optimiste pour 2017 ?
- La carte qui sort est le monde. Vous ne pouviez pas rêver mieux. C’est la meilleure carte du tarot. En 2017, nos univers professionnels sont désormais en plein dans le 21e siècle et le champ des possibles est immense. Certes, il faudra bien définir ses choix. Vous, commerçants, fabricants, distributeurs, vous en aviez rêvé, vous allez enfin pouvoir le faire. Tout cela sur un fond de légère reprise. Soyez optimiste. Bonne année à tous. Stéphanie tout va bien pour vous, allez, ne vous inquiétez pas ! n


*Cet édito, fantaisiste dans sa forme, mais sérieux dans le fond a été construit avec le concours du Cabinet de tendance Perclers, de la société Newim, de l’Institut Français du design, de Mappy et de la Banque Populaire.

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