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« Off de l’art et du design végétal »

Écrit par Valérie CLEMENT on 12 septembre 2016. Posted in Idées & matières 2016

20160826 partagerLa nature se pare de ses plus beaux atours

« Off de l’art et du design végétal », qui s’est déroulé du 30 mai au 15 juin 2016 à Paris, rassemble des créateurs qui militent pour un univers plus vert. Un vrai engagement artistique à l’heure où la nature dans la maison et la cité est plus que nécessaire.

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Déclinaison d’Albatros, la jardinière Piaf d’Alexis Tricoire, éditée par Tôlerie Forézienne, décore une maison,
une terrasse ou un jardin.


L’« Off de l’art et du design végétal », associé au festival du design D’Days, est une initiative de Carole Locatelli et d’Hughes Charuit, organisateurs de « Paris Déco Off », avec la collaboration d’Aude K. Charié, commissaire de l’exposition du Via (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement). Une vraie opportunité pour une trentaine d’artistes aux métiers différents (sculpteur, paysagiste, designer, photographe, décorateur, architecte…) de faire découvrir au public, dans des galeries à Saint-Germain-des-Prés, dans la salle d’exposition du Via et à la Cité de la mode et du design, des œuvres qui parlent de la nature.

Créations

Un oiseau stylisé

Chef de file du design végétal depuis une dizaine d’années, Alexis Tricoire a donné le coup d’envoi de la manifestation en installant, du 7 avril au 10 mai, sur la Place Saint-Germain-des-Prés, Albatros, sa jardinière urbaine géante de 3,50 m qui a la forme d’un oiseau stylisé, semblable à un Origami de papier, prêt à s’envoler. Sa version (80 cm de long), déclinée pour la maison, s’appelle le « Piaf ». Objet décoratif, cette jardinière d’intérieur ou d’extérieur, évoquant aussi un oiseau, est réalisée en inox poli métal brillant ou en finition inox brossé et dotée d’un bac avec réservoir d’eau. Les deux objets sont fabriqués et édités par Tôlerie Forézienne « Affranchi de toutes frontières, l’oiseau transporte en son corps les graines de fertilité qui feront fleurir la planète, explique Alexis Tricoire. Il symbolise les valeurs de paix et de liberté ». Pionnier de l’informatique comme moyen d’ex­­pression dans le champ des arts plastiques dès 1978, Miguel Chevalier fait pousser des plantes virtuelles, les « Fractal Flowers ». Ces fleurs, générées à l’infini grâce à un logiciel, naissent aléatoirement, s’épanouissent et meurent. Certaines deviennent des sculptures, comme la fleur imaginaire « Pychsellis Vipérine » exposée à la galerie Via. « J’arrête la croissance de cette plante virtuelle à un moment donné pour obtenir un fichier 3D, explique l’artiste Miguel Chevalier. Grâce à l’impression 3D par frittage de poudre, j’obtiens une petite sculpture. Une véritable révolution, car cette technologie permet de matérialiser des univers virtuels presque instantanément et de créer ainsi des œuvres uniques très complexes. Une esthétique du virtuel, mêlant matière et pixels et abolissant la frontière entre le virtuel et le réel, est en train de naître. L’artiste devient un sculpteur du virtuel ».

20160912 off-dacrylCe verre de synthèse ou cristal acrylique est fabriqué par la société française Dacryl® qui distribue ses propres produits depuis 15 ans. C’est un matériau apprécié des designers et des créateurs pour sa légèreté, sa transparence, sa résistance et ses coloris. Autre atout : le Dacryl® peut être utilisé aussi bien en intérieur qu’en extérieur, tant en architecture qu’en création de mobilier ou objets de décoration. Dans le cadre de la première édition des « Off de l’Art et du Végétal », quatre designers (Abdi, Thomas Bastide, Sophie Berthelier et Olivier Lapidus) ont décliné ce matériau en objets, luminaires et mobilier. La transparence et la luminosité du Dacryl® rappellent en effet les fantastiques couleurs naturelles que l’on retrouve dans la nature.

      

En pleine lumière

Dans le domaine du luminaire, les jeux de couleur, de lumière et de transparence sont source d’inspiration pour les designers. L’art végétal y trouve là un moyen d’expression proche de la nature. « Composition florale en lévitation » est un lustre végétal imaginé par David Bitton, fondateur en 2004 de l’agence « db design » qui intègre la végétation à l’univers quotidien. « Pour créer des espaces de vie harmonieux et empreints de paix et de sérénité », précise le designer. Ce luminaire est composé d’une multitude de vases rétro-éclairés, suspendus grâce à des câbles ultra fins. « Un miroir circulaire, associé aux bases réfléchissantes des vases, crée alors un jeu de transparence et de reflets aériens », explique David Bitton. Développée par Osram, l’application « Lightify » pour smartphone, permet de varier l’intensité lumineuse et de changer les couleurs du lustre. L’utilisation de nouveaux matériaux comme le Dacryl® sont sources d’inspiration pour les designers. Thomas Bastide invente dans cette matière « Dream ». Ce lustre, qui évoque deux nuages indissociables l’un de l’autre, est composé de fausses bougies (un clin d’œil au passé) diffractant la lumière par jeu de transparence. Des inclusions de fleurs parsèment les « Javelot » d’Abdi réalisés aussi en Dacryl®. Ces luminaires se plantent dans un salon, une terrasse ou un jardin. La nature est aussi présente dans les meubles « Chaise et table avec inclusions » de Sophie Berthelier (Collection « Éclats de rire ») dans lesquels sont injectés des copeaux de bois que l’on découvre en transparence.

Préserver l’environnement

Enfin, pour sensibiliser le public à la sauvegarde de l’environnement, des designers redonnent une seconde vie à des déchets. William Amor fabrique des fleurs à la main, les « Flowers », à partir notamment de sacs plastiques bouillis et froissés au fer chaud. La plasticienne et designer Tal Waldman utilise la technique du crochet pour créer le lustre « Liseron » réalisé également à partir de sacs plastiques. Inspirés par la nature, les designers et créateurs changent le regard du public et le sensibilisent au respect de l’environnement et à sa préservation. Le mouvement artistique mis en valeur par le premier « Off de l’art et du design végétal » témoigne d’une volonté de la placer au cœur de la cité et de la maison. Il montre aussi que le nouveau marché du design végétal, s’ouvrant à toutes les disciplines artistiques, est en pleine évolution et développement.

Par Valérie Clément

Crédit photos : Lionel Roy