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Rencontre Fnaem/IPEA

Écrit par Jeffrey BEVILACQUA on 4 juin 2018. Posted in Fabricants 2018

La formation pour maintenir le cap

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C’est pour présenter une nouvelle progression significative du marché du meuble que l’Ameublement Français, la Fnaem et l’IPEA se sont rassemblés, le 15 février dernier, à Paris. L’année 2017 réussie, l’emploi et la formation sont désormais les priorités pour 2018.

Par Jeffrey Bevilacqua

Sur les 20 dernières années, seule 2011 avait été plus aboutie que 2017. En effet, en 2017 selon l’IPEA, le marché du meuble a atteint 9,76 milliards d’euros. C’est donc avec un sourire non masqué que l’AF (Ameublement Français), la Fnaem (Fédération française du Négoce de l’Ameublement et de l’Équipement de la Maison) et l’IPEA (Institut de Prospective et d’Études de l’Ameublement) se sont retrouvés pour présenter le bilan de 2017.

Une année hétérogène, mais croissante
Et pourtant, après le premier semestre, les acteurs du marché de l’ameublement n’auraient pas pu prédire une telle année. Les soldes d’hiver, contrairement à 2015 et 2016, n’ont pas séduit les Français. Le mois de janvier affichait même une décroissance de 6,8 %. Ensuite, la France est entrée en période électorale, ce qui ralentit très souvent la consommation. « Heureusement, le troisième trimestre de l’année a sauvé les meubles », plaisante Didier Baumgarten, Président de la Fnaem. Avec une croissance de 8,5 % sur la période juillet-septembre, l’année 2017 a pu finir avec une croissance cumulée de 2 %, ce qui représente environ 200 millions d’euros. « Cette année erratique a mis en exergue le problème des soldes », déclare Didier Baumgarten. « Nous voudrions commencer les soldes le 26 décembre, au lieu d’attendre le mois de janvier ». En effet, les promotions sont devenues monnaie courante et les soldes ne sont donc plus un événement pour les consommateurs.

La cuisine en porte-drapeau
Si la famille des meubles meublants continue de dominer le marché, avec 31,2 % de part de marché, une remise en question est de mise pour Dominique Weber, Président de l’AF et de l’Unifa : « Cette famille de produits reste stable depuis quelques années, il faut donc réfléchir à la redynamiser ». À l’inverse, les meubles de cuisine ont connu une année très positive, avec une croissance de 4 %. « Cette famille est traditionnellement très porteuse, mais elle l’est moins en France que chez nos voisins européens. Nous devons donc continuer d’exploiter son potentiel », explique le Président de l’Ameublement Français. En moyenne, les Français gardent leur cuisine pendant 21 ans, quand la moyenne européenne ne la conserve que 15 années.
Avec plus de 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires, la literie reste une famille de produits primordiale. Ce segment enregistre une progression de 3 % en 2017. Un chiffre satisfaisant, mais plus faible que les deux années précédentes. Dans le même temps, « grâce à une météo, au printemps, qui fut favorable sur la durée », selon Dominique Weber, le secteur des meubles de jardin a également connu une hausse significative, à la hauteur du marché global. Cependant, sa part dans le marché reste très faible.

Le e-commerce gagne du terrain
Les Français achètent de plus en plus de meubles de cuisine et les magasins spécialisés sont au cœur de ce pic de consommation. La reprise soutenue du marché de l’immobilier, ainsi qu’une communication permanente auprès du consommateur, permet aux spécialistes de développer leurs ventes sur un marché de la cuisine très actif. Ainsi, les spécialistes cuisine ont connu une hausse de 6 %, la plus importante du marché. Avec une progression de 0,9 %, la grande distribution de l’ameublement est encore en période d’adaptation, notamment avec la diminution des espaces de vente consacrés aux meubles meublants, au profit de la literie ou de la cuisine.
Dans le même temps, le e-commerce n’a pas ces problèmes d’espace de vente. Et cela se ressent. Avec 12 % des parts de marché, le e-commerce continue de grandir, que ce soit pour l’occasion ou pour le neuf. « Le marché de l’occasion atteint 2 milliards d’euros et génère près de la moitié des transactions », déclare Didier Baum­garten. « Le mode de distribution a changé. Auparavant, les ventes de produits d’occasion se faisaient en brocantes. Désormais, elles s’effectuent sur internet ». Les meubles pour bébés se vendent notamment très bien, car ils ont une durée de vie limitée.
La part du e-commerce est partagée en deux parts égales : 50 % du chiffre d’affaires sont générés par les pure players et l’autre moitié par les sites marchands. Par exemple, le e-commerce représente 10 % du chiffre d’affaires de Conforama. Les ventes sur internet gagnent donc du terrain en quantité de meubles vendus, même si leurs valeurs restent faibles. « Le e-commerce va sûrement monter en gamme, pour augmenter son panier moyen », estime Dominique Weber. « Les magasins ont et auront toujours un lien, que les pure players n’ont pas, avec le client ». L’interaction du consommateur avec les vendeurs et les produits permet au commerce physique de dominer l’e-commerce.

La formation, priorité de l’ameublement
Aujourd’hui, en France, la filière ameublement emploie 110 000 personnes (50 000 dans la fabrication et 60 000 dans la distribution), soit autant que les deux principaux constructeurs automobiles, Renault et Peugeot. Dans les dix prochaines années, près de 30 % des effectifs de la branche partiront en retraite, créant un besoin de recrutement de plus de 10 000 nouveaux collaborateurs. Ainsi, l’ameublement a besoin de dynamiser sa politique d’emploi. Pour ce faire, la Fnaem a signé six accords, qui visent à améliorer les avantages sociaux des salariés (salaires, dons de jours et congés pour évènements familiaux…), ou encore à renforcer le dialogue social au sein de la branche.
D’autres solutions ont été mises en place par la Fnaem et l’Ameublement Français. Lancé fin 2017, le site meuble-emploi.fr référence les offres réservées aux professionnels ou apprentis du secteur. « Nous devons rendre notre métier intéressant pour les jeunes », clame Anne Midavaine, Présidente de la commission sociale de l’AF. Pour cela, l’association mise notamment sur la formation en apprentissage, en s’appuyant sur trois centres de formation régionaux et un tissu d’entreprises implantées sur tout le territoire. Aujourd’hui, l’ameublement reste l’une des dix branches qui attirent le plus d’apprentis en France. En partenariat avec Pole Emploi, la réorientation est également abordée par les acteurs du marché.
Après des diminutions constantes entre 2013 et 2015, le nombre de travailleurs dans l’ameublement a repris sa marche en avant, en même temps que le marché. Grâce aux mises en chantier, en hausse depuis 2015, le marché retrouve ses couleurs d’antan. Pourtant, cette reprise des mises en chantier devrait atteindre ses limites dans le courant de l’année 2018. L’impact sur le marché de l’ameublement devrait toutefois demeurer limité. De quoi espérer une année 2018 sur la lignée de 2017.