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Interview de Philippe Louviot CSA

Écrit par Aïssatou BALDÉ on 6 septembre 2017. Posted in Fabricants 2017

Le renouveau en marche

20170906 csa-excluPhilippe Louviot, Président du CSA (à gauche), était accompagné du trésorier Jean Arci, et de Pierre Elmalek, Président directeur général de Maison de la Literie et Vice-président du CSA (à droite). Ils ont répondu à nos questions, en exclusivité, sur l’actualité de la Chambre Syndicale de l’Ameublement. En se positionnant clairement sur le thème du renouveau, nous constatons que l’air du temps qui souffle en politique souffle également dans le meuble. Excellente nouvelle !

Propos recueillis par Aïssatou Baldé et Marie-José Nicol.

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Mobilium Magazine : Déjà près de deux ans depuis que vous avez accepté de vous exprimer sur votre nomination à la présidence de la Chambre Syndicale de l’Ameublement. Que s’est-il passé depuis ?
Philippe Louviot : Le CSA a été pendant longtemps en sommeil. Lors de ma nomination, nous avons décidé de repartir sur de nouvelles bases. Nous avons mené une campagne de communication, Changez de Meubles, avec plus de 1 000 spots TV par an. Nous avons signé un partenariat presse avec le Groupe Lagardère, un partenariat avec la Foire de Paris, et nous disposons d’un nouveau site internet, qui comptabilise 50 000 visiteurs mensuels, et, surtout, un temps de regard d’une minute trente-neuf. Nous sommes fiers de notre site internet, très qualitatif, qui a été réalisé par le même concepteur web que celui de Gucci, Audemart Piguet, ou encore Longines. Cet investissement est primordial, puisque nous vivons l’époque du renouveau où nous ne pouvons que constater la vitesse de l’information, des réseaux sociaux et d’internet. Cette campagne nous a beaucoup apporté, et nous formons aujourd’hui un réseau de 1 883 négociants.

Visionner la déclaration de Philippe Louviot, Président du CSA

Mobilium Magazine : Quels sont vos nouveaux projets et objectifs pour les années à venir ?
Philippe Louviot : Le syndicat est national, depuis septembre 2016, et couvre tout le territoire français. L’objectif est de rassembler une communauté de spécialistes qui ont besoin de réponses, mais aussi d’un accompagnement. Nous n’avons pas d’objectif de chiffre, car nous ne sommes pas dans une logique d’entreprise. Ce que nous voulons, c’est créer du lien et aider les spécialistes indépendants.

Ne plus faire la part belle aux puissants

Mobilium Magazine : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir national et concurrencer des syndicats déjà existants ?
Philippe Louviot : Le syndicalisme patronal ne doit pas être le simple garant des intérêts particuliers de chaque enseigne. Il n’est pas non plus le seul interlocuteur désigné face aux pouvoirs publics. Le syndicalisme, qui se dit représentatif de la profession, semble aujourd’hui guidé par la seule idée de puissance. Il a oublié les spécialistes indépendants même s’il affirme le contraire. Nous reprochons à la Fnaem de faire la part trop belle aux grandes enseignes. C’est pourquoi nos relations sont arrivées à un point de non-retour. Au CSA, je veux privilégier l’audace, au-delà du conformisme syndical, et je n’ai comme objectif que l’intérêt de la profession. Nous voulons apporter du résultat.

Mobilium Magazine : Comment allez-vous vous différencier ?
Philippe Louviot : Nous avons clairement choisi de nous adresser aux spécialistes indépendants. Nous ciblons plutôt les spécialistes du meuble, de la literie, de la cuisine et de la salle de bain car les franchisés sont des chefs d’entreprise qui ont besoin de réponses fiscales, juridiques et commerciales.
Jean Arci : La CSA a une vision du syndicalisme qui n’est pas une vision de pouvoir. Notre vision est tournée vers les spécialistes et les indépendants. Dans nos métiers, l’innovation viendra des petites organisations, et pas des grandes entreprises. Nous en avons eu l’exemple avec le géant IBM, qui s’est effondré à l’arrivée d’Apple. Les structures existantes ne veulent pas comprendre cela ! Les plus puissants croient pouvoir garder le monopole.

Mobilium Magazine : Comment allez-vous gérer l’obligation nationale de regrouper tous les syndicats (car les conventions collectives doivent passer de 600 à 200 en 5 ans) ? Allez-vous proposer une nouvelle convention collective ?
Philippe Louviot : L’avenir n’exclut pas que nous puissions agir comme une force de suggestion. Nous sommes toujours rattachés à celle de l’ameublement. Il n’est pas question d’une lutte de pouvoir. Notre but ultime est de répondre aux besoins des spécialistes de l’ameublement. Il n’est pas non plus question pour nous de céder au conformisme que veut nous imposer le gouvernement.

Des fabricants uniquement partenaires

Mobilium Magazine : Quels sont vos atouts et vos spécificités ?
Philippe Louviot : Fondé en 1884, notre syndicat à des bases anciennes et solides. Nous regroupons des négociants et nous considérons les fabricants comme des partenaires car nous voulons fédérer une énergie de terrain. Nous ne sommes pas un syndicat de fabricants cependant nous réunissons dans nos actions les fabricants et les négociants. Les fabricants sont nos partenaires, en fonction de leur marque, et nous nous occupons uniquement de la partie commercialisation de produits de magasin. Nous ne sommes pas des concurrents de l’Unifa.
Jean Arci : L’unique préoccupation du CSA, c’est que les fabricants conçoivent des produits et que les négociants puissent les vendre, car l’un ne va pas sans l’autre. Les fabricants sont les acteurs de la prospérité commune. Notre action n’est liée ni au pouvoir ni à la polémique. Nous ne nous sentions plus représentés, car nos intérêts n’étaient plus défendus.
Pierre Elmalek : L’équipe dirigeante de la Fnaem est la même depuis toujours, et tout est monopolisé. Il n’y a pas de renouveau, pas de changement. Lorsque la Fnaem a su que je partais à la CSA, ils m’ont proposé la commission de la literie, mais c’était trop tard. Chez la CSA, nous partirons d’un petit peu plus bas, mais nous irons loin, parce que le monde des spécialistes est en marche et se bouge.

Un service sur mesure

Mobilium Magazine : Quels services apportez-vous à vos adhérents ?
Philippe Louviot : Notre chambre syndicale propose un service réel et sur-mesure. Je viens du marketing, cela a toujours été mon métier. Cette expertise va nous permettre d’apporter des stratégies, et je ne connais pas un seul syndicat qui le fasse. Nous allons aider le spécialiste dans son métier de tous les jours, en boostant les campagnes de communication afin de rencontrer encore plus de public. Nous souhaitons développer également des activités de formation pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre spécialisée qui existe actuellement dans notre profession.  Mais surtout, nous travaillons beaucoup, pas comme d’autres qui ne font que de la représentation. On nous accuse aujourd’hui de faire des choses qui ne se font pas lorsque l’on est syndicaliste, alors que c’est plutôt eux qui n’ont pas compris qu’être syndicaliste ce n’est pas simplement défendre une convention collective et aller négocier dans un ministère. C’est aussi et surtout promouvoir l’ameublement. Et veiller à ce que les points de vente ne disparaissent pas. J’ai été franchiseur, et je sais très bien qu’il faut aider nos troupes, car certains peuvent subir une baisse du chiffre d’affaires, d’autres des problèmes d’ordres plus personnels. Nous sommes présents pour les aider à remonter la pente.

Mobilium Magazine : Quel accueil a reçu votre initiative ?
Philippe Louviot : Notre succès n’est pas sans répercussions puisque nos rapports avec la Fnaem sont arrivés à un point de non-retour. Certains essayent de saboter notre dynamique, en empêchant les volontaires de nous rejoindre. Nous, et certains de nos partenaires avons reçu des intimidations. Deux adhérents nous ont d’ailleurs abandonnés à cause des pressions qu’ils ont subies. Pourtant, nous n’empêchons aucun de nos adhérents à être dans plusieurs syndicats. Nous savons que s’ils viennent chez nous c’est parce qu’ils trouvent ce qu’il n’y a pas ailleurs. Nous ne cèderons pas aux intimidations, la CSA est dorénavant nationale et saura lier des alliances avec tous ceux qui sont prêts à aller dans le même sens.

Un syndicat qui privilégie le terrain

Mobilium Magazine : Quels derniers messages souhaiteriez-vous adresser à la profession ?
Philippe Louviot : J’aimerais dire à tous les professionnels du secteur qu’à la CSA, nous sommes un syndicat d’hommes de terrain. Nous ne faisons pas de représentation. J’appelle tous les indépendants de France à nous rejoindre en participant aux actions mises en place. Je tiens aussi à assurer nos partenaires que nous les soutiendrons et les favoriserons dans toutes les situations qu’ils rencontreront. Le seul objectif que nous avons à la CSA c’est la réussite de notre mission : la promotion de la profession de l’ameublement.