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Les journées Unifa

Écrit par Julie DJIAN on 26 juin 2015. Posted in Fabricants 2015

Redonner l’optimisme perdu !

L’heure est au rebond dans le secteur meuble avec pour objectif de relancer et réinventer une filière qui souffre depuis trop longtemps de la concurrence étrangère. Dominique Weber, président de l’Unifa (Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement) a exposé avec confiance, lors des Journées de l’Ameublement Français qui se tenaient les 17 et 18 juin dans les nouveaux locaux du syndicat, des leviers porteurs d’espoir et de promesses.

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Dominique Weber et Pierre Gattaz, respectivement Présidents de l’Unifa et du Medef.


« Ces journées sont un départ pour relever ensemble les nouveaux défis de la profession », avait annoncé Dominique Weber sur les invitations à ces journées de rassemblement et d’échange. Et, lors des conférences et rencontres auxquelles plus de 150 professionnels de l’ameublement ont participé, les débats tournaient effectivement autour des moyens de réveiller un secteur jusque-là malmené et de plus en plus fragilisé. Pour cela, il était nécessaire d’analyser en profondeur les industries de l’ameublement français tel qu’elles se présentent aujourd’hui, le comportement du consommateur et le marché mondial, au travers d’une étude menée par le cabinet de conseil en stratégie Monitor Deloitte, intitulée « Redynamiser la filière de l’ameublement français dans un contexte international porteur ». Et, première bonne nouvelle pour la profession, la consommation mondiale de meubles chiffrée à 327 milliards d’euros croit fortement : + 7,3 % par an depuis 2009. Ceci s’expliquant principalement par la forte demande des pays émergents comme la Chine qui représente un marché de 110 milliards d’euros, soit presque le double du marché américain chiffré à 60 milliards d’euros. Le commerce international du meuble représente quant à lui 100 milliards d’euros et croît plus vite que la consommation. Il y a donc des raisons de retrouver de l’optimisme et d’espérer dépasser les 11 milliards réalisés par le marché français. « Nous devons sortir de l’idée d'un marché en perte de vitesse, souligne Dominique Weber, et nous demander pourquoi les industries françaises ne profitent pas de ce marché mondial en hausse ». Pour retrouver de la compétitivité, l’Unifa a donc exposé plusieurs axes de stratégie porteurs.

Quelques chiffres...

L’heure est à l’exportation…

Puisque l’art de vivre à la française a tant la cote à l’étranger, les meubles de fabrication française se doivent d’avoir tous les atouts pour séduire autant les pays émergents que développés et faire grimper les chiffres de l’export. « Le marché chinois représente un gros potentiel, atteste Dominique Weber. Il est ouvert aux marques internationales avec un attachement fort porté à la France. C’est un très bon atout pour nos entreprises ». D’ailleurs certaines marques sont déjà très présentes sur le territoire chinois comme, Gautier, Fermob, Ligne Roset, les cuisines Schmidt, les placards Sogal… Une vingtaine d’entreprises françaises ont des espaces au Salon de Shanghai, mais cela reste léger par rapport aux ouvertures potentielles de cet immense marché. D’ailleurs en observant les chiffres de l’export mondial, l’on constate que les entreprises de l’hexagone ont un retard, alors que d’autres pays ont réussi ce pari. L’Allemagne est reconnue à l’export pour ses marques fortes, ses innovations et ses succès dans le domaine de la cuisine. L’Italie brille par le design de ses marques et son système de réseau. Alors c’est au tour de la France de s’ouvrir à de nouveaux horizons, et pour réussir ce challenge l’Unifa met en place des outils pour ses adhérents tout en travaillant sur la promotion des marques made in France. « L’international est un marché porteur sur lequel il faut absolument se positionner, conclut Jean-Marc Liduena, Senior Partner Monitor Deloitte. L’engouement pour le design de nos marques françaises est capable d’attirer les clients et de dynamiser la consommation. Pour ensuite aller vers un rebond possible ». Et Dominique Weber d’ajouter : « Notre objectif est d’augmenter de 30 % le volume de l’export des entreprises françaises. Cela est tout à fait possible en combinant la vente de produits fabriqués en France et l’implantation d’usines à l’étranger, comme l’ont fait par exemple les Cuisine Schmidt en Chine. Nous devons croire en l’internationalisation de nos entreprises ».
 
Restructurer les entreprises

L’un des principaux freins à ce développement international est la taille des entreprises françaises de fabrication du meuble. En effet, seules 25 entreprises en France sont des ETI/ GE (13 500 salariés au total et un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros), alors que 336 sont des  PME regroupant 32 000 salariés avec un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros et 11 600 des TPE faisant travailler 6 700 personnes. Le nombre moyen des employés des entreprises françaises plafonne à 5, ce qui est par exemple trois fois inférieur à l’Allemagne. « La clé est dans le regroupement, explique Dominique Weber. Il faut que les PME créent des alliances de compétences et de complémentarité pour aller vers de l’excellence opérationnelle. Nous devons aussi encadrer les entreprises les plus fragiles et fournir de nouveaux outils qui dopent la performance. » Ces petites entreprises ont également besoin de personnes compétentes pour les aider à intégrer les nouvelles technologies qui permettent plus de services et de liens entre les fabricants et les distributeurs de façon à satisfaire toutes les demandes des clients. Aujourd’hui elles doivent faire face à différents challenges : savoir fabriquer au meilleur prix bien sûr, mais aussi gérer la livraison à domicile et la pose pour rester compétitives et trouver des services à valeur ajoutée pour doper leur activité. Des nouveaux modes de fonctionnement doivent être mis en place pour réussir à convaincre les consommateurs, qu’ils soient français ou étrangers. L’Unifa accompagne au mieux cette mutation par les différents outils mis à la disposition des adhérents.

Innovations, marques et design

« L’innovation et la montée en gamme sont essentielles pour l’internationalisation, souligne Dominique Weber. Nous nous devons d’aller vers des produits plus élaborés, plus complexes et qui ont du sens. Nous devons aller vers une qualité de produit supérieure, et nous constatons chaque jour que ceux qui ont pris cette voie, comme Fermob, Roche Bobois, Mobalpa ou Schmidt pour n’en citer que quelques-uns ont réussi à s’imposer. » Les français, si reconnus pour leur French Touch et leur savoir-faire dans l’artisanat, ont donc la légitimité nécessaire pour assoir des marques à l’image du style à la française. Tout comme la literie qui a réussi à se réinventer en proposant plus de confort, de style, de bien-être et de promesse santé, le mobilier doit convaincre par ses prix, sa qualité et ses innovations pour espérer des renouvellements plus fréquents de la part des consommateurs. Le marché global de la consommation du domestique pour équiper l’espace de vie représente 40 milliards d’euros. Avec 17, 9 milliards qui concernent la pièce à vivre, 11,8 la cuisine et 4,1 la cham­bre, l’enjeu est de redonner de la croissance au meuble face à des postes multimédias et électroménagers toujours en hausse, et ceci, ici comme ailleurs. Pour soutenir la promotion et la visibilité de l’ameublement français, il fallait aussi un nouveau logo, une identité visuelle forte capable d’apporter un vent de modernité tout en reliant tous les acteurs de la profession. Bientôt à la disposition des adhérents ces deux lettres A et F en bleu et rouge, travaillées dans des effets de typographie artistiques, et présentées lors de ces journées, permettront une meilleure identification du mobilier français.

Transformer les business modèles

Un autre levier de croissance repose sur la capacité à faire évoluer les entreprises en les accompagnant vers une diversification des compétences. Car en modernisant l’outil industriel français quelque peu vieillissant, tout le monde gagnera en compétitivité. « Il faut s’ouvrir aux nouvelles technologies, travailler en réseau, créer des alliances, favoriser la personnalisation des produits, adapter la chaine de production au multimédia, intégrer des nouveaux métiers… Et recréer une appétence à rejoindre notre secteur », déclare Dominique Weber. L’Unifa vise des usines du futur unies dans des actions collectives. La mise en place des plateformes de mutualisation de robots et d’outils expérimentaux (impression 3D, réalité augmentée...) permettrait d’apporter des process de production techniques novateurs et performants. Côté services, au regard des secteurs cuisine et literie qui se portent bien, les professionnels réfléchissent à se tourner vers une offre plus globale qui consiste à vendre, livrer, installer et enlever les anciens meubles, le client final et l’utilisateur se trouvant au centre de la réflexion. Dans un souci d’accompagnement pointu de ses adhérents, l’Unifa multiplie ses outils d’information : revue de presse électronique quotidienne, mise à disposition d’enquêtes et études spécifiques, pages sur les réseaux sociaux, site internet nouvelle génération, newsletters… Communi­cation et promotion du secteur sont à l’ordre du jour !

Conclusion

Avec un marché français qui fait 11 milliards d’euros face à un marché mondial qui se situe à 327 milliards d’euros, des sources de croissance s’ouvrent aux fabricants de l’hexagone. Convaincue de leur potentiel, l’Unifa relève le défi de redonner l’optimisme perdu à sa filière à travers six grands enjeux. Elle accompagnera donc ses adhérents pour : restructurer la filière de l’ameublement, accroitre les compétences dans les entreprises, accélérer la génération et l’adoption des innovations, répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, transformer les business modèles et renforcer le développement à l’international. Pour cela son plan d’action s’articule autour de quatre initiatives : promouvoir l’ameublement français, proposer des services aux adhérents, partager les expériences, pérenniser l’intelligence économique. « Dans un contexte de marché très difficile, nous pouvons trouver des sources d’enthousiasme. Et même si les changements génèrent quelques angoisses, ils sont un passage obligé pour renouer avec la croissance et franchir les frontières », conclut Dominique Weber, Président de l’Unifa.

Julie Djian