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France Bedding Group, De Cauval à Adova

Écrit par Noémie MARTIN on 21 décembre 2016. Posted in Fabricants 2016

A la reconquête du monde de la literie

20160826 partagerSix mois après la reprise de Cauval par Perceva, le ciel bien sombre qui planait au-dessus de l’un des fleurons de la literie française semble enfin s’éclaircir. Aujourd’hui, l’envie, le courage et les ambitions ne manquent pas. Le trio composant le nouveau Directoire de France Bedding Group ne lésine ni sur les moyens ni sur les heures de travail pour reconquérir la confiance de fournisseurs et de distributeurs désoeuvrés par des années de laisser-aller. Après avoir été baptisée France Bedding Group de façon temporaire, la nouvelle entité prend aujourd’hui le nom d’Adova.

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Le nouveau Directoire de France Bedding Group aujourd’hui renommé Adova : (De GàD) Alain Boussuge, Directeur général commerce et marketing, François Duparc, Président du Directoire, et Philippe Lang, Directeur industriel.

Changement de stratégie, mais continuité sur le plan humain car les trois quarts des salariés de l’entreprise originelle ont été gardés. Les sept sites industriels du groupe ont bénéficié de réapprovisionnements indispensables à leur bon fonctionnement, mais aussi d’investissements propices à assurer un bel avenir aux cinq marques du groupe. Exit les marques périphériques, la nouvelle direction se concentre sur les enseignes historiques dont la notoriété n’est plus à prouver : Simmons, Dunlopillo, Treca, Steiner et Diva. Du moyen au très haut de gamme, de la grande distribution à l’hôtellerie en passant par les réseaux traditionnels, généralistes et spécialistes, Adova livre aujourd’hui en temps et en heure ses clients et se redéveloppe sur des segments de marché porteurs.
A l’instar des Trois Mousquetaires, le Directoire de France Bedding Group, semble paré à la bataille. « Il s’agit de retrouver une qualité de service qui corresponde aux attentes de la clientèle et à un groupe représentant des marques aussi prestigieuses que les nôtres », confie Alain Boussuge, Directeur général commerce, marketing. Pour accomplir cette mission, François Duparc, à la présidence du Directoire, et Philippe Lang, à la direction industrielle, s’inscrivent dans le même état d’esprit. En tant qu’experts de la literie et de l’industrie, les trois hommes déploient un jeu de cartes gagnant pour opérer cette reconquête du marché.
« Notre priorité était de rétablir les délais de livraison, de faire à nouveau fonctionner les usines, d’y remettre des matières premières et de nettoyer le carnet de commandes », confie François Duparc. Car depuis le placement en redressement judiciaire de Cauval au mois de février, beaucoup de clients attendaient impatiemment d’être livrés. « Aujourd’hui nous sommes prêts à être l’un de leurs fournisseurs de façon sérieuse, régulière et fiable », poursuit le Président du directoire.
Changement de direction, changement de ton
Après des problèmes récurrents de trésorerie et des années à flirter constamment avec le dépôt de bilan, Cauval subit un premier plan de sauvegarde en 2008. Une gestion quasi féodale couplée à des méthodes de management commercial dépassées mènent l’entreprise à sa perte. En 2015, le chiffre d’affaires sur le sol français s’établit à 214 millions d’euros, avec une perte estimée à 24 millions d’euros.
A l’époque, Perceva surveillait de près le marché de la literie. « Perceva avait compris que c’était un marché intéressant, avec une croissance et un développement réguliers. Le fond a saisi l’opportunité quand cette possibilité de reprise s’est présentée », explique François Duparc.  Jusque-là, le fonds d’investissement était surtout connu pour ses participations dans Dalloyau et Monceau Fleurs, bien loin du monde de la literie.
Le 23 mai dernier, sur les dix offres de reprise qui lui avaient été soumises, c’est pourtant l’offre de Perceva qui est validée par le Tribunal de commerce de Meaux, qui se range ainsi à l’avis des salariés, syndicats et même du Groupe américain Simmons qui avait écrit une lettre de soutien. Sur les 14 comités d’entreprise des différents sites français du Groupe Cauval,13 votaient pour. Les juges ont notamment été sensibles à la reprise d’une grande partie du corps social prévue par le fond de retournement. 1 445 emplois ont été conservés sur les 1 880 que comptait originellement l’entreprise. Dans son plan de reprise, Perceva prévoit d’investir 70 millions d’euros, dont 40 millions en fonds propres, avec des fonds en urgence de 15 à 20 millions, notamment pour les réapprovisionnements en matières premières. Ce plan contient donc des éléments de capitalisation, de trésorerie mais aussi des pertes pour l’année 2016. Car on ne redresse pas la barre d’un bateau à demi-coulé par des années de gestion chaotique en quelques jours. Mais en quelques mois, les prévisions sont déjà plus que rassurantes.

En six mois à peine, les indicateurs repassent au vert, même si « il reste mille choses à faire », comme l’admet François Duparc. Contrôle qualité, délais de livraison, organisation commerciale et industrielle... les basiques de la gestion normale d’une entreprise en bonne santé ont dû être remis en place. Au plus grand soulagement des équipes, cadres, ouvriers et syndicats. Car de l’avis de tous, l’humain n’était définitivement pas au cœur de la stratégie de l’ancienne direction, si tant est qu’une stratégie à proprement parler existait alors... Maxime Bortolotti, directeur de Nord Bedding, l’usine de Saint-Amand-les-Eaux, résume de façon lacunaire la mission qui lui avait été confiée à son arrivée voici deux ans, « faire avec les moyens du bord ». Et les moyens étaient plus que minces...

Par Noémie Martin