20200220-miff

20200220-new-mob

Imprimer

Esprit Meuble 2019 - Conférence APL

Écrit par Grégoire TRUTTMANN on 18 décembre 2019. Posted in Ecotendances 2020

Literie, les objectifs de l’APL font rêver

Si le marché de la literie prospère, il progresse bien en dessous de son potentiel. Le salon Esprit Meuble est l’une des rares occasions de rassembler l’ensemble des acteurs de la filière. L’Association Pour la Literie y a présenté son projet “New APL”. Il vise une croissance à 40 %, entre 2021 et 2027.

20191218 em-apl

Au cours de notre vie, nous passons, en moyenne, 24 années dans notre lit. De ce point de vue, être bien dans sa literie apparait comme une priorité absolue. Pourtant, cet investissement semble moins prioritaire aux Français, qu’à certains de nos voisins européens. Si le marché de la literie vit une croissance ininterrompue depuis 16 ans, ses résultats pourraient être bien supérieurs. Face à un marché en continuelle évolution, l’Association Pour la Literie a créé un groupe de travail, paritaire entre fabricant et distributeur comme à son habitude. Il est chargé de réformer les bases de l’APL et de mettre en place d’ambitieuses évolutions, le projet « New APL ».

20191218 em-duparc

Intervention de François Duparc,
Agent général France
pour Bliss
.

Un potentiel non exploité
Les dirigeants de l’APL en sont convaincus, le chiffre d’affaires global du marché français de la literie est en dessous de ses possibilités. Le taux de renouvellement faible des consommateurs en serait responsable. En moyenne, les Français renouvellent leur literie tous les 14 ans. Pour l’association, ce taux est trop bas pour des raisons d’hygiène, mais aussi de performance du matelas qui s’atténue avec l’usure. À titre de comparaison, 82 % des Britanniques et 78 % des Allemands renouvellent leur literie en moins de 10 ans. Le potentiel du marché français est donc bien supérieur à ce qu’il représente aujourd’hui. L’APL estime que si le marché français s’harmonise sur ses voisins, il pourrait atteindre une croissance de 40 % entre 2021 et 2027, soit une croissance de 7 % par an. Ces chiffres font rêver les distributeurs comme les fabricants. Le secteur a des raisons d’y croire, car si les Français renouvellent plus lentement leur literie, ce n’est pas par manque d’information sur cette nécessité, mais davantage par manque de repère. 98 % des Français pensent que bien dormir est essentiel pour leur qualité de vie et 74 % associent directement la qualité de leur sommeil à celle de leur literie. En revanche, 73 % déclarent changer de literie moins de 10 ans après son acquisition, un chiffre bien en dessous de la réalité. Une stratégie d’information semble donc indispensable au secteur, car 86 % d’entre eux assurent être prêts à changer de literie pour améliorer leur sommeil. Cette nécessité d’information s’impose aussi par des exigences de transparence sur les origines des produits, des consommateurs comme du législateur.
Le projet “New APL“ a pour objectif de doter les consommateurs d’outils de diagnostic pour connaître l’état de leur matelas. Le premier objectif est de rendre facilement accessible, sur l’ensemble des matelas, la date de mise en circulation, l’usine de fabrication ainsi qu’une fiche technique produit. L’association travaille, par ailleurs, à l’établissement d’une liste de critères permettant une évaluation objective de l’état du matelas, tout au long de son utilisation. À plus long terme, l’ambition est d’effectuer ces diagnostics à l’aide d’une application smartphone, en équipant les matelas de supports d’informations.

Une réforme du financement à hauteur des nouvelles ambitions
L’APL affiche de grandes ambitions. Pour y parvenir, ses ressources budgétaires auront un rôle déterminant. Le financement de l’association repose sur l’adhésion volontaire des fabricants et des distributeurs. Mais les études menées par l’association profitant aux cotisants comme aux non-cotisants, ce système n’incite pas les acteurs du secteur à y cotiser. Ainsi, ces 15 dernières années, le budget de l’APL a varié du simple au double selon les années, une instabilité incompatible avec les ambitions de la structure. Une nouvelle piste de financement a donc été adoptée lors du dernier CA de l’APL. Son objectif est de faire financer l’APL par une taxe parafiscale collectée par le CODIFAB. Cet organisme, qui bénéficie d’une délégation de l’État pour gérer des actions collectives métiers, collecte déjà cette taxe chez les acteurs de l’ameublement. La création d’une branche literie au sein du CODIFAB permettrait un financement égal par l’ensemble des acteurs et assurerait un financement conséquent et stable de l’APL.
Pour voir le jour, cette taxe doit d’abord être validée par les conseils d’administration des organisations de représentation des distributeurs, la FNAEM, et des Industriels, l’Ameublement Français. En cas d’accord de ces structures représentatives, la réforme du financement entrerait en vigueur dès 2021.