20191021 esprit-meuble

Imprimer

Etude prospective du cabinet Kyu pour l’Unifa

Écrit par Sabine ALAGUILLAUME on 5 septembre 2016. Posted in Ecotendances 2016

Les métiers de l’ameublement, demain

Les 18-34 ans, cette fameuse génération Y, hyperconnectés et mobiles, représenteront la moitié de la population active dans le monde d’ici cinq ans. Et cela va nécessairement transformer le visage de l’entreprise. Pour mieux s’y préparer, l’Unifa présente une étude prospective, confiée au cabinet Kyu, spécialisé en management, sur les métiers de l’ameublement et leur évolution d’ici 2020.

20160905 prudent

Sébastien Prudent, Directeur associé du cabinet Kyu.


Commençant par dresser un bilan de la situation, Sébastien Prudent, directeur associé du cabinet Kyu, note « un contexte qui a beaucoup évolué pour toutes les entreprises du secteur de l’ameublement ». En premier lieu du côté des attentes et des habitudes de consommation des clients. Parce qu’ils demandent toujours plus de personnalisation et de renouvellement rapide des gammes de produits, une gestion agile de la production s’impose. Par ailleurs, pour répondre aux recherches de solutions d’aménagement, il s’agit de se mettre vraiment à l’écoute du client. Enfin, le développement des achats en ligne impose des investissements en webmarketing. Mais indépendamment du client, le contexte économique, sociétal et concurrentiel a lui aussi beaucoup évolué. Avec d’abord la concurrence croissante des pays d’Europe de l’Est et d’Asie. Mais aussi l’importance croissante de l’innovation, en termes de matériaux, formes ou design. Enfin, pour compliquer le tout, la demande française reste atone et la distribution très concentrée. Du coup, les entreprises ont bien sûr évolué, avec des métiers transformés par le numérique, en conception (CAO, BIM), en production, Supply chain (gestion informatisée des stocks, tracking), marketing et commerce (e-commerce, référencement…), administration (dématérialisation des factures…). Les entreprises françaises ont surtout évolué selon 3 axes stratégiques : la modernisation de l’outil de production, le développement de la personnalisation, des services et des largeurs de gammes, la montée en gamme, notamment dans l’artisanat. Le tissu industriel, lui, n’a cessé de se densifier. 83 % des entreprises sont des TPE et n’emploient que 24 % des salariés de la branche. Et si les entreprises de plus de 50 salariés ne représentent que 2,6 % des entreprises, elles emploient 45 % des effectifs. Dans le même temps, on enregistre un vieillissement de cette population salariée (qui reste peu féminisée, avec 72 % d’hommes). Comme 30 % des salariés ont plus de 50 ans, il va y avoir un fort renouvellement des effectifs dans les 10 prochaines années. Ce qui devrait donner lieu à un rééquilibrage : décroissance des métiers traditionnels et des métiers de production en général. Et en parallèle, fort développement des métiers du commerce, du marketing et de la conception. Tout cela va dans le sens d’une augmentation renforcée du niveau de qualification des salariés. Et, tandis que sur les niveaux de qualification les plus faibles, les départs en retraite ne seront pas remplacés et les postes supprimés, il devrait y avoir un besoin en recrutement fort sur les niveaux les plus élevés. Comment dès lors, être suffisamment attractif pour embaucher les jeunes Y et bientôt Z ? « Attirer des talents, passer par du sens, mais aussi des salaires », reprend Sébastien Prudent, Directeur associé du Cabinet Kyu.

L’incontournable question de la formation des salariés

Après cette mise à plat de la situation des entreprises françaises de l’ameublement, le bureau d’études Kyu s’est ensuite penché sur les priorités d’actions identifiées et les défis à relever. Côté priorités d’investissement, 50 % des répondants répondent « innovation produits », tandis que 40 % placent en tête la formation des salariés et le développement à l’export. Pour 30 %, arrivent en tête le e-commerce et l’automatisation de la production. Par ailleurs, deux grands chantiers sociaux à engager dans le secteur sont mis à jour. D’abord un chantier Attractivité, pour attirer les talents nécessaires, engager les transformations futures (création, innovation, numérique, e-commerce, export...) et moderniser l’image du secteur auprès des consommateurs. Et puis un chantier Compétences, les salariés des entreprises devant être accompagnés pour monter en compétences (beaucoup de transformation en cours et une augmentation constante du niveau de qualification requis). Et pour cela les organismes de formations initiales et continues doivent s’adapter et se structurer. Il y a, pour le moment, encore trop peu de formations sur le numérique. Sans oublier le nécessaire renouvellement des modes de management. Toute cette question des formations apparait en définitive comme un vrai enjeu à relever pour l’Unifa.

Sabine Alaguillaume

20160826 partager