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Conjoncture marché du meuble

Écrit par ADMINISTRATOR on 3 septembre 2013. Posted in Ecotendances 2013

- 3,8 % pour le 1er semestre

Pas terrible les ventes du marché du meuble au premier semestre. Avec une contre-performance de 3,8 %, et un recul prévisionnel compris entre 4 et 5 % pour l’ensemble de l’année 2013, les perspectives ne sont pas bonnes (perte en valeur de 500 millions d’euros). Résultat, selon la Fnaem, près de 5 % des points auraient déjà disparu. Si la literie tire, comme d’habitude, son épingle du jeu, la cuisine, en général, meilleur élève de la classe plonge cette année.
conjoncture
On observe sur le premier semestre 2013 une baisse des ventes de meubles de 3,8 %, avec un mois de juin en retrait de 4,1 % à surfaces évolutives et euros courants. Sur 12 mois glissants, la chute s’élève à près de 5 % soit une perte de valeur pour le marché qui flirte avec les 500 millions d’euros. Le mois de juin affiche une baisse de 4,1 % proche des résultats de l’an dernier après un effet calendaire/soldes exceptionnel en 2011. A noter que les prévisions de mises en chantier de logements neufs effectuées par la Fédération française du bâtiment (FFB) à l’occasion des 24 heures du bâtiment le 14 juin dernier sont moins mauvaises que prévues. En effet, alors que la FFB tablait en début d’année sur 270 000 mises en chantier, elle revoit ses perspectives à la hausse avec un chiffre de 337 000 pour 2013. Rappelons toutefois qu’il faut une moyenne annuelle de 500 000 logements par an pour répondre à la demande.

Recul annuel de 4 à 5 %

l’Ipea estime que l’année devrait se situer, au mieux, sur un recul de 4 à 5 % comme les années 2002 et 2003 (respectivement - 5,3 % et - 4,3 %). Sur la base de ces performances, le marché devrait ainsi atterrir sur un chiffre d’affaires compris entre 9 et 9,2 milliards d’euros en fin d’année, soit le niveau qui était le sien en 2006. Ces contre-performance affectent les points de vente dont les plus faibles ne peuvent pas résister. La Fnaem estime à environ 5 % la baisse du nombre de points de vente en 2013, baisse qui s’ajoute à celle de l’année dernière qui était environ du même niveau. Toutefois, Didier Baumgarten précise que, globalement, le nombre de mètres carrés n’a pas diminué, les grandes surfaces s’étant agrandies. Elles affectent également les fabricants français qui selon l’Unifa verraient (hors literie) leur CA plonger de 17 %. A noter qu’Internet progresse, mais sans doute moins vite que dans d’autres secteurs puisqu’il ne représente que 5 à 7 % des ventes du meuble.

La literie, seule famille positive

Comme en 2012, c’est le segment literie qui résiste le mieux à la crise sur les six premiers mois de l’année. Christophe Gazel, directeur de l’Ipéa la crédite même d’une croissance comprise entre 1 à 2 %, sans doute à cause de la multiplication des mètres carrés qu’à connu ce secteur. Au global, sur un an, ce segment représente environ un milliards d’euros de CA. Les canapés/fauteuils résistent eux aussi plutôt bien à la crise sur le premier semestre, même si l’on ne peut pas en dire autant des banquettes dont les ventes en valeur sont en chute libre. La dichotomie sur ce segment n’en finit pas de se répéter. La banquette n’est plus valorisée dans la grande distribution et les prix en baisse de ces dernières années associés à une chute des ventes en volume ne laissent que peu d’espoir de reprise au segment. « Les distributeurs qui avaient axé leur positionnement sur le marché du premier équipement doivent impérativement ses reposition­ner sur le marché du renouvellement » analyse Christophe Gazel.  De même, les revendeurs traditionnels adeptes des meubles rustiques de styles voient leur avenir s’assombrir au point de broyer du noir, sauf s’il ont l’intelligence de proposer des meubles de style « revisités ». Avec du vieux, il est possible de faire du neuf, professait ma grand-mère !

Résultats du marché de l’ameublement au 30 juin 2013

conj-chiffres

La cuisine ne fait plus recette

Le segment cuisine n’est plus le moteur du marché comme il a pu l’être ces dernières années, les fortes chutes dans le secteur des mises en chantier de logements neufs pesant fortement en valeur sur ses ventes. Le meuble meublant peine également à maintenir ses ventes. La désaffection porte à la fois sur les meubles de salon/séjour comme sur les meubles de chambre à coucher. Quelques produits surnagent toutefois, comme le dressing qui reste très tendance auprès des ménages français ainsi que les meubles de rangement pour le salon/séjour auprès de ménages à la recherche de fonctionnalité plutôt que d’esthétisme par temps de crise. La salle de bains continue sur sa lancée des mois précédents. Les ventes chutent assez lourdement tandis que le désengagement de certains spécialistes et enseignes de la grande distribution se poursuit sur ce produit.

« En conclusion, si nous pouvions dire que le meuble finit un cycle baissier liée à des pratiques marketing réduites, nous serions heureux. Ainsi le métier se débarrasserait de ses canards boiteux pour mieux rebondir. Mais est-ce le cas ? »

Marie-José Nicol