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Observatoire Cetelem 2012

on 29 février 2012. Posted in Ecotendances 2012

La crise n’épargne pas les classes moyennes européennes contraintes à revoir leurs priorités. Pour autant, tout ne va pas si mal, avec une situation matérielle qu’elles jugent toujours meilleure que leurs parents. Mieux encore, sur 10 ans, le pouvoir d’achat des Français est en hausse de 3,4 %, et c’est la troisième croissance européenne. Tel est le bilan de l’Observatoire Cetelem 2012 consacré aux classes moyennes de douze pays européens.

Croissande et déprime

Les classes moyennes sont au cœur des économies européennes : ce sont elles qui soutiennent la consommation, le plus souvent premier moteur de la croissance économique. Pour son édition 2012, L’Observatoire Cetelem est parti à la rencontre des classes moyennes dans douze pays : Allemagne, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie et Slovaquie (*). Durant la dernière décennie, les classes moyennes ont affronté les crises les unes après les autres. En Europe, seulement 37 % d’entre elles considèrent que leur situation financière s’est améliorée sur ces dix dernières années, 33 % pour la France. Pourquoi un si fiable taux alors que la hausse du pouvoir d’achat est en hausse de 3,4 % sur 10 ans, et qu’il s’agit là de la troisième croissance européenne ? Pour deux raisons, la première est qu’il est vrai que le pouvoir d’achat a faiblement baissé (-1,2 %) depuis 5 ans, la deuxième réside dans l’augmentation de leurs dépenses contraintes comme le logement, la santé et l’éducation (qui sont passées en 10 ans de 29 à 31 %), et surtout l’apparition de nouvelles charges comme la téléphonie, Internet, etc.

 

Les chiffres sont là...

 

Pas de baisse réelle du pouvoir d’achat

Tout ceci a pour conséquence directe la réduction de leurs marges de manœuvres financières. Pour autant, les classes moyennes tiennent le choc. Lucides, elles jugent leur situation matérielle globalement satisfaisante. Conscientes des progrès réalisés par rapport à leurs parents, elles souhaitent maintenir le niveau de dépenses consacrées aux enfants, même si cela doit se faire au prix de sacrifices. Concernant l’avenir, l’Europe se divise en deux catégories. A l’Est, les classes moyennes veulent augmenter leur niveau de vie. A l’Ouest, elles souhaitent le maintenir, quitte à réduire certaines dépenses, tout en épargnant davantage. C’est particulièrement vrai en France où 56 % des personnes interrogées déclarent avoir réduit leur train de vie sur les douze derniers mois et préservé l’épargne. En revanche, en Allemagne, les consommateurs vivent davantage à crédit.

Baisse du pouvoir d’achat des Allemands et hausse de leur moral

En pratique, la baisse du moral des Européens n’est pas toujours corrélée avec leur niveau de vie réelle. Le moral des Européens baisse pour la quatrième année consécutive, alors que sur 5 ans, la baisse du pouvoir d’achat n’est que de 0,6 % ! L’Allemagne fait néanmoins exception : c’est le seul grand pays d’Europe de l’Ouest à voir son moral s’améliorer et à enregistrer une forte croissance (+ 2,9 % en 2011), alors que son pouvoir d’achat est en baisse depuis 10 ans de 2,1 % et de 1,3 % depuis 5 ans ! Il est cependant souligner par une reprise de l’activité conjuguée à une bonne tenue du marché de l’emploi. Le taux de chômage, en baisse depuis août 2009, touche désormais moins de 6 % de la population active, un niveau jamais atteint pour l’Allemagne réunifiée. Toutefois tout n’est pas rose dans ce pays avec un Smig, pour certaines catégories à 400 euros, ce que nos médias ont largement tendance à oublier ! En France, le moral reste certes au plus bas, mais se stabilise depuis trois ans. Échaudés par une sortie de crise économique qui tarde à venir, les consommateurs européens restent prudents. Ils font le choix de reconstituer ou de consolider leur épargne pour être en mesure de faire front aux nouveaux aléas de la conjoncture, et consomment… avec modération.

Tout va mal pour mon voisin, mais bien pour moi !

Malgré tout, ils évaluent leur situation personnelle plus favorable que celle de leur pays. Chacun tente de trouver ses propres solutions pour traverser au mieux cette période de crise. Seuls 37 % des Européens appartenant à la classe moyenne considèrent que leur situation financière s’est améliorée sur ces dix dernières années, pour 17 % d’entre eux elle est restée stable et pour 46 %  elle s’est dégradée. Ils pointent évidemment du doigt des facteurs économiques : 38 % disent que la hausse des prix a dégradé leur situation financière (41 % pour les Français), 29 % évoquent la contraction de leurs revenus (24 % pour les Français, montée du chômage, temps partiel, CDD, intérim, baisse des revenus dans certains pays…), et la hausse des impôts est évoquée par 17 % des personnes interrogées (20 % des Français). En France, si le pouvoir d’achat par ménage a baissé entre 2005 et 2010 de 1,2 % (taux de croissance cumulé 2005/2010), il a toutefois progressé de 3,4 % sur dix ans (taux de croissance cumulé 2000 et 2010). En Europe, l’évolution est restée stable tandis qu’à l’Est, les évolutions sont plus positives, avec une croissance du pouvoir d’achat de 14,9 % (taux de croissance cumulé 2005/2010).

La téléphonie, une dépense contrainte

A la stagnation globale du pouvoir d’achat, nous l’avons vu, s’ajoute un poids croissant des dépenses contraintes. Ce sont les dépenses liées au logement, aux charges, aux assurances, aux communications, à la santé et à l’éducation qui connaissent aussi les inflations en moyenne les plus fortes. De fait, elles prennent une place croissante dans le budget des ménages. En France, elles sont passées de 29 à 32 % du budget des classes moyennes en dix ans au détriment des dépenses du quotidien (textile, alimentaire, transports…). Les dépenses arbitrales s’élèvent à 40 % (vs 43 % en 2000) alors que les dépenses plaisirs stagnent et sont estimées à 22 % (idem en 2000). Le Cetelem inclut les dépenses de téléphonie, Internet dans ces dépenses plaisirs. Toutefois, elles ne cessent d’augmenter et sont aujourd’hui quasiment assimilées à des dépenses contraintes. Par exemple, les enfants possèdent un téléphone portable de plus en plus tôt. Selon les personnes interrogées, un enfant doit posséder un téléphone portable à partir de 12 ans et demi. Les Français de leur côté considèrent que le bon âge se situe à 14 ans et demi. Conséquence : les marges de manœuvre financières des ménages se réduisent au ?l des ans.

Pas de sentiment de déclassement

Malgré un contexte de crise, les Européens évaluent leur situation personnelle plus favorablement. Si, sur le plan financier, les dix dernières années ont été  difficiles pour les classes moyennes, les choses sont différentes d’un point de vue matériel. Ainsi, à l’Ouest, 54 % se déclarent satisfaits de leur situation matérielle. En France, les résultats sont encore meilleurs, puisque 60 % des personnes de la classe moyenne se disent contents de leur condition de vie. A l’Est, si 30 % des personnes se disent satisfaites, les résultats sont plus mitigés. Très pragmatiques, les classes moyennes mettent en avant des considérations matérielles pour justifier leur amélioration de niveau de vie : 72 % estiment que leur logement est plus confortable que celui de leurs parents, et 84 % constatent qu’il est également mieux équipé. En France, 91 % des personnes sondées déclarent posséder un équipement ménager supérieur à celui de leurs parents. Le taux d’équipement des ménages en produits technologiques et électroménagers atteint des sommets en Europe de l’Ouest. Les améliorations des conditions de vie contribuent selon eux au sentiment de surclassement dont ils déclarent bénéficier par rapport à leurs parents : ils se sentent ainsi, pour beaucoup, appartenir à une classe moyenne à laquelle leurs parents n’avaient pas accès.

Révision des priorités pour l’avenir

La protection sociale, l’avenir des enfants et le pouvoir d’achat : voici le trio de tête des préoccupations des classes moyennes en France. Ainsi « avoir une bonne protection santé » arrive dans tous les pays, ou presque, en tête des préoccupations de la classe moyenne européenne. C’est le cas pour 67 % des Français. L’avenir de leurs enfants est une priorité pour 61 % de la classe moyenne française et pour 55 % en Europe. Cette importance donnée à l’avenir des enfants n’est pas une surprise dans un contexte économique difficile, avec un taux de chômage élevé qui suscite des inquiétudes sur leur avenir professionnel. Quant au pouvoir d’achat, il reste une vraie préoccupation pour 54 % des Français de la classe moyenne. Face à ces incertitudes, comment préparer l’avenir ? La crise divise la classe moyenne européenne en deux catégories. A l’Est, la classe moyenne a la volonté d’améliorer son niveau de vie, d’augmenter plus significativement ses revenus (pour 71 %) qu’à réduire ses dépenses (pour 60 %). A l’Ouest, les Européens espèrent avant tout maintenir leur niveau de vie et ne misent guère sur une augmentation de leurs revenus pour contrer la baisse de leur pouvoir d’achat. Diminuer certaines dépenses devient alors la réponse évidente au maintien de leur niveau de vie (pour 70 % d’entre elles), alors qu’elles croient beaucoup moins à la possibilité d’augmenter leurs revenus (seulement 43 % d’entre elles).

Maintien du niveau de vie

Pour les classes moyennes, l’espoir de maintenir son niveau de vie passe par des choix parfois radicaux. Ainsi, 79 % déclarent avoir reporté ou abandonné un projet au cours des douze derniers mois pour des raisons budgétaires. Par ailleurs, 56 % des Français ont, d’une façon générale, réduit leurs dépenses en 2011. Les Français font des arbitrages et n’hésitent pas à réduire le niveau de certaines dépenses. Ainsi, ils sont 39 % à avoir réduit leurs dépenses consacrées au textile, et 37 % aux voyages et loisirs. Ces arbitrages budgétaires sont parfois radicaux mais cela montre à quel point la classe moyenne s’adapte et prend en compte l’environnement économique dans lequel elle évolue. Avec des marges de manœuvre financières qui se réduisent, les Européens multiplient les comportements astucieux : économie d’énergie (64 %), achat de produits de gamme inférieure (61 %), hard-discount (près de 6 personnes sur 10), voire occasion ou système D, tout est bon pour faire des économies. Baisser le niveau de ses dépenses en faisant des économies, tout en gardant une épargne élevée : les Européens gèrent leur budget personnel avec rigueur et démontrent ainsi une capacité d’adaptation forte.

Préserver l’avenir, c’est préserver ses enfants

L’ascenseur social a plutôt bien fonctionné pour les classes moyennes jusqu’à présent. L’enjeu pour les classes moyennes réside dans le maintien du niveau de confort de vie pour leurs enfants. Mais ce qui était mécanique hier ne l’est plus aujourd’hui : à défaut d’ascenseur social, les classes moyennes doivent désormais aider leurs enfants à gravir les marches de l’escalier social.
C’est d’ailleurs un sujet majeur de préoccupation pour 55 % des Européens de la classe moyenne. Préparer l’avenir des enfants commence dès aujourd’hui, en leur assurant notamment la meilleure éducation possible, quitte à leur payer des cours particuliers pour pallier les carences du système scolaire. Les classes moyennes mettent aussi la main à la poche pour s’assurer que leurs enfants seront bien à la page de la modernité, qu’ils ne seront pas les seuls de leur classe à ne pas être équipés de smartphones ou de vêtements de marque. Mais cet investissement est aussi un coût : 70 % des Européens font déjà des sacrifices pour ne pas réduire les dépenses consacrées aux enfants. La crise devient ainsi un moment révélateur : obligées de faire des choix, elles retrouvent le sens et la valeur des choses. Et en la matière, les enfants apparaissent comme une valeur fondamentale pour laquelle tous les sacrifices sont permis. Les enfants, mais aussi les parents : au moment de prendre leur retraite, synonyme de baisse de revenus, bon nombre de ménages doivent financer l’entrée de leurs enfants dans la vie active en même temps que la ?n de vie de leurs parents. Une situation nouvelle engendrée par la venue souvent plus tardive des enfants et par l’accroissement de la durée de vie.

En conclusion, le contexte économique incertain pousse les classes moyennes européennes à faire preuve de prudence et à faire des arbitrages. Elles font preuve d’une capacité d’adaptation étonnante et, surtout, elles révisent leurs priorités et investissent pour l’avenir de leurs enfants.

Marie-José Nicol

(*) Les analyses et prévisions ont été réalisées en décembre 2011 par l’Observatoire Cetelem, en partenariat avec le Cabinet d’études et de conseil Bipe, selon une enquête menée sur le terrain en novembre/décembre 2011 par TNS Sofrès auprès de 6 500 Européens (dont 1 001 Français). Selon la définition de l’Observatoire, les classes moyennes étudiées représentent 60 % des ménages, se situant entre la classe aisée (20 % les plus riches) et la classe modeste (20 % les plus pauvres).

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