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SGS Consumer & Retail Services

Écrit par Noémie MARTIN on 29 mars 2017. Posted in A la découverte 2017

Une journée dans l’antre d’un labo d’essais

Le 24 novembre dernier, l’entreprise SGS a reçu dans son laboratoire flambant neuf d’Aix-en-Provence une douzaine de ses clients (représentant Kingfisher, Adeo, Maisons du Monde, La Redoute Intérieurs, etc.) pour leur montrer de visu ses méthodes pour tester la fiabilité et la résistance des produits qu’ils lui envoient. Lors de ce focus sur les meubles de rangement, l’accent a été mis sur les dangers chimiques, physiques et électriques.

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La division matériaux : Les appareils visent à tester la résistance des tissus aux pressions externes (frottement, UV, etc.), des données particulièrement utiles pour les assises ou la literie par exemple.

Pour éviter qu’une casserole d’eau bouil­lante marque un plan de travail, qu’une étagère lumineuse prenne feu ou qu’une commode bascule sur un enfant qui s’y agripp­e, les essais avant la mise en magasin sont indispensables. C’est la spécialité de SGS, leader mondial de l’inspection, de la vérification, de l’analyse et de la certification. Au premier semestre 2016, l’entreprise a déménagé ses laboratoires et compétences sur un même site de 3 000 m2, toujours à Aix-en-Provence, pour favoriser une « vraie synergie sur les projets cross compétences », selon Hélène Martin-Largement, Directrice du laboratoire. Ce sont ces nouveaux locaux que sont venus visiter un panel de clients de l’entreprise. Il ne s’agissait néanmoins pas de tourisme, mais bien d’une journée de formation et de découverte, formation aux nouvelles réglementations en vigueur et découverte des process permettant de tester la résistance, la solidité et la performance des produits.

20170329 sgs-exoPlace aux exercices pratiques. Les clients de SGS deviennent testeurs et calculent par eux-mêmes les charges limites et la force à appliquer, avant que le meuble ne bouge voire bascule.

Bien que cette journée du 24 novembre soit davantage dédiée aux meubles de rangement, les visiteurs ont pu explorer les cinq divisions du laboratoire, des jouets aux piles en passant par le textile. SGS est habilité à certifier la conformité de produits aux normes françaises et internationales, mais le laboratoire est parfois aussi sollicité par les services qualité et les services de R&D de ses clients pour évaluer la performance d’un produit.

Zéro risque sur les produits junior

Répartis en demi-groupes, les clients sélectionnés par SGS sont conduits de salle en salle, où les attendent les experts de chaque catégorie de tests. La batterie d’objets et de produits testés est impressionnante. « Le fabricant n’a qu’à exposer son cas à SGS. Nous avons ensuite l’impression que le laboratoire peut tout faire, se réjouit Lucie Lougrat, représentante de Sajuco, fabricant et importateur de meubles intérieurs et extérieurs. Ce sont des essais sur mesure. Je suis étonnée par la palette des essais qu’ils réalisent ».
L’entreprise propose aussi des formations à la carte. En fonction de leurs besoins, les clients peuvent envoyer ici en formation leurs propres équipes de contrôle qualité et d’inspection. L’idée est bien de diminuer au maximum voire de supprimer totalement tous les risques, notamment avec des publics plus vulnérables que d’autres.


20170329 sgs-pilesAmpoules & piles :
La longévité des piles et ampoules électriques est testée lors d’essais benchmark et normatifs, à savoir résistance à l’humidité, à la chaleur, durée de vie...

Comme le clame l’un des six employés de Maisons du Monde présents ce jour-là, « avec les collections junior, nous ne prenons aucun risque ! ». L’enseigne de meubles et de décoration réalise la plupart des essais sur ces produits ici. Le secteur est hyper réglementé. Le laboratoire jouet de SGS vise donc à s’assurer que, quel que soit l’usage qui est fait de l’objet, l’enfant ne se blessera pas. Une machine mesure la vitesse des projectiles, une simulation de digestion gastrique est effectuée, la vitesse de propagation du feu sur un textile - un déguisement par exemple - est monitorée de près, le son des jouets est également analysé pour qu’il n’abîme pas l’ouïe des plus jeunes.
Du côté des meubles, la même problématique se pose. Cette fois-ci, divers poids sont placés à différents endroits du meuble pour s’assurer que celui-ci ne bascule pas. En théorie, la stabilité des meubles ne devant pas être fixés au mur conformément aux instructions de notice ne doit pas être testée, mais il faut savoir que sur 10 utilisateurs, 9 n’attachent pas le meuble au mur... Le meuble chargé, on applique une force sur l’avant du tiroir pour voir si le meuble est stable. Quand un meuble contient une partie haute et une partie basse, la stabilité de l’ensemble est vérifiée. Dans l’après-midi, place aux exercices pratiques. Les visiteurs deviennent testeurs et calculent par eux-mêmes les charges limites et la force à appliquer, avant que le meuble ne bouge voire ne bascule.

Tester la durée de vie du produit

Les appareils de la division matériaux visent à tester la résistance des tissus aux pressions externes (frottement, UV, etc.), des données particulièrement utiles pour les assises ou la literie par exemple. Vêtements, rideaux, accessoires auto, textile et cuirs sur mobilier sont passés en machines à laver, l’inflammabilité des tissus est testée, une machine est dédiée au boulochage, une autre à l’abrasion (perte de masse par abrasion, déchirure, solidité des coloris (eau, lavage, frottements à sec et à l’humide), sueur, lumière), les zips, coutures et fibres tirés dans tous les sens et enfin, une cabine de cotation permet de constater la dégradation avec des notes allant de 1 à 5, 1 étant la plus mauvaise note. La longévité des piles et ampoules électriques est testée dans un autre département. Sur un mur, des dizaines de piles avec des capacités et des batteries différentes sont placées les unes à côté des autres pour des essais benchmark et normatifs. En cas de défaut du produit, la direction des fraudes peut contrôler et demander des actions au fabricant ou au distributeur. D’ici la fin de l’année, SGS prévoie d’élaborer un banc d’essai pour les batteries lithium ion, « l’avenir » selon Jean-Pierre Rosserot, Directeur technique électrique chez SGS.  

20170329 sgs-jouetsL’atelier jouet :
Les jouets sont soumis à une batterie de tests : niveau sonore, inflammabilité, toxicité... de façon à
s’assurer que quel que soit l’usage qui est fait de l’objet, l’enfant ne se blessera pas.

Quelques portes plus loin, les ampoules sont passées sur le grill : salle d’endurance, de performance, d’inflammabilité... leur résistance au temps, à la chaleur, à l’humidité, tout est testé, sachant que les ampoules Led doivent par exemple tenir 6 000 heures en fonctionnement. Dans une immense pièce où s’affairent différents ingénieurs, des pièces détachées d’outillage trônent en vitrine. Elles sont exposées ici dans une visée pédagogique, pour la formation dispensée aux équipes des clients. Différents types de moteur et d’incidents y sont très concrètement montrés : un téléphone ouvert et endommagé, des lampes abîmées, une semelle de fer à repasser entartrée après 150 h de fonctionnement...
Le laboratoire peut aussi fabriquer lui-même les bancs de performance. Ici, une machine simule l’effet de la poussière sur le fonctionnement et l’usure d’une scie sauteuse ou d’une perceuse. Là, un robot 3D est programmé par ordinateur pour un certain nombre de cycles d’ouverture et de fermeture de porte de micro-onde ou de mise en route d’une bouilloire. Plus loin encore, des appareils électriques sont arrosés pour vérifier leur étanchéité. La visite de la division « Produits formulés » clô­ture la journée. Ce laboratoire torture notamment les finitions et les revêtements des meubles. Des étuves les soumettent à des chocs thermiques importants pour simuler la résistance au chaud et au froid, un test d’abrasion est réalisé, des détergents utilisés, un appareil reproduit l’air salin sur le mobilier extérieur, on fait tomber une bille assez lourde sur un revêtement pour évaluer l’impact.

20170329 sgs-confiance

L’atelier confiance :
Cette journée a également été l’occasion de rappeler le fonctionnement normatif français, européen et international.

Rappel des normes

Cette journée a également été l’occasion de rappeler le fonctionnement normatif français, européen et international. En Europe, le CEN rassemble des experts de 28 pays, il rédige les normes de sécurité et les normes d’essai. La norme NF EN 14749 établit les exigences de sécurité pour le mobilier de rangement domestique, la norme NF EN 16122 explique toutes les méthodes d’essais, la norme ISO 7170 détermine les méthodes au niveau international, etc. Les meubles sont soumis à la Directive de Sécurité Générale des Produits. En l’absence de normes européennes, ce sont les normes nationales qui prévalent. Le système international ISO est valable dans le monde entier. Il élabore des méthodes d’essai et n’est pas obligatoire, sauf dans certains pays, arabes notamment.

20170329 sgs-innovInnovation :
Quel que soit le cas de figure, le laboratoire fabrique lui-même les bancs de performance.

Selon les normes anglaises, les essais sont différents pour des meubles voués à la chambre à coucher, à la salle de bain ou à la cuisine (notamment à cause de cycles d’ouverture et de fermeture plus importants et du poids de la vaisselle par exemple). En outre, le point a été fait en fin de journée sur les subtilités des nouvelles réglementations (Reach, Pop, Formaldéide, Cov, etc.). Cette journée aura non seulement permis à certains interlocuteurs réguliers de se voir en chair et en os, mais surtout de se mettre à la page. « Celui qui ne fait pas de formation n’est pas au fait et passe à côté des évolutions », assure Reynald, Chargé qualité chez La Redoute Intérieurs. Et les évolutions sont nombreuses, en témoignent l’épaisseur des explications sur les normes à respecter.

Par Noémie Martin