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Les Journées Techniques d’Innovathèque

on 31 octobre 2014. Posted in A la découverte 2014

Un autre vie en fin de vie

Réunissant industriels, designers, architectes, artisans et étudiants, les journées Techniques d’Innovathèque Alsace-Grand Est, à Mulhouse étaient cette année consacrées à l’économie circulaire et à l’éco-conception. 22-24 septembre, soit 3 jours de conférences et témoignages autour d’une thématique majeure pour envisager la construction de demain.

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Depuis l’avènement de l’ère industrielle au XIXe siècle, le modèle de production et de consommation repose sur un schéma linéaire qui consiste à extraire des ressources naturelles jusque-là abondantes, les transformer, les vendre, les consommer et les jeter. Mais c’est fini ! Tout indique que ce modèle linéaire « pro­duire, consommer, jeter » a atteint ses limites, dans un contexte socio-économico-environnemental de plus en plus pressant. En effet, le prix de l’énergie et le coût des matières premières continuent d’augmenter. Certaines ressources comme les métaux lourds et le pétrole se raréfient et leurs extractions s’avèrent toujours plus coûteuses. Par ailleurs, la population mondiale ne cesse de s’accroître (plus de 7 milliards d’habitants en 2014 ; 9 milliards à l’horizon 2050). Enfin, la mauvaise répartition de l’exploitation des ressources naturelles dépasse largement la bio-capacité de notre planète. Face à cette situation, une prise de conscience collective a permis d’engager des réflexions et de multiples solutions environnementales. Allant encore plus loin, l’économie circulaire a pour objectif de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeurs sociales, économiques et écologiques.

Des réalisations concrètes

Pour appréhender la réalité du modèle, rien de tel que des témoignages, avec des cas réels d’industriels ayant intégré dans leur réflexion et/ou leur production, une démarche d’éco-conception et d’économie circulaire. Ainsi Ecoval du groupe Cauval (matelas Treca, Simmons et Dunlopillo) s’est engagé dans une démarche de revalorisation de sommiers et matelas récoltés en France. La collecte nationale de ces éléments de literie usagés aboutit au tri et au démembrement des diverses matières : acier, mousse, latex, textile, bois. Le broyage, le nettoyage et l’élimination/isolation des composants pour le respect des normes permettent l’élaboration de nouveaux matériaux. Les projets d’appli­cations futures sont variés: composants ou produits finis pour l’ameublement, isolants thermiques et phoniques pour le secteur du bâtiment, matelassures pour l’automobile, panneaux de bois... Les poussières émises lors du processus de valorisation pourraient être réutilisées dans des produits de revêtements des chaussées. Le groupe Steelcase, spécialisé dans la conception et la fabrication de mobilier de bureau, a aussi cherché des solutions de récupération et de collecte des éléments arrivés en fin de vie. Les points de réflexion ont mené, au début des années 2000, à la refonte de plusieurs étapes dans leur chaîne de production: garantir que les produits contiennent le plus possible de matières recyclées, réduire le nombre de composants pour permettre un démontage facile et garantir un recyclage efficace, garantir l’absence de métaux lourds ou de substances dangereuses  et enfin réduire les volumes d’emballage pour économiser du carburant et réduire les émissions de CO2. Le système d’emballage appelé « Eco-smart », élaboré en interne a permis de tripler le nombre de sièges chargés sur un camion. Le principe est simple : des éléments de sièges non assemblés mais prêts à l’être en moins d’une minute et pour lesquels la standardisation de 4 volumes de cartons améliore l’empilement possible.

En 2007, l’économie mondiale a consommé 60 milliards de tonnes de ressources naturelles, soit une augmentation de 65 % par rapport à 1980 (source OCDE). En 2010, la France a produit 355 millions de tonnes de déchets, soit 3 % de plus qu’en 2008. Le taux de recyclage des déchets non minéraux non dangereux s’élève en France à 51 %, tandis que 14,8 % sont valorisés sous forme d’énergie et 34,4 % sont encore stockés en décharge ou incinérés sans valorisation énergétique.
 
Les matériaux de construction représentent à eux seuls près de 40 % des besoins de matières et, dans le même temps, seulement 65 % des déchets du bâtiment et des travaux publics traités sont recyclés.

Une autre vie en fin de vie

De son côté, l’Innovathèque de Paris était aussi représentée via une exposition pour faire découvrir une sélection de solutions techniques, esthétiques et technologiques : « Alter-éco, des alternatives matériaux pour éco-concevoir ». Les pistes de réflexion envisagent la réduction des impacts environnementaux liés à la fabrication de produits et à leur transport. Mais aussi de nouveaux procédés de fabrication limitant les chutes de production, des matériaux plus légers et résistants, des systèmes d'assemblage permettant un montage et un démontage facilité pour optimiser les chargements ou la séparation des éléments en fin de vie... Cette fin de vie est par ailleurs largement analysée, avec passage en revue de matériaux 100 % recyclés, réparés, séparés et revalorisés ou compostables et biodégradables. Au final, une sélection drastique de 40 matériaux répondant à la problématique du traitement des déchets en fin de vie, fleuron de l’économie circulaire.

Chiffres à l’appui

En 2007, l’économie mondiale a consommé 60 milliards de tonnes de ressources naturelles, soit une augmentation de 65 % par rapport à 1980 (source OCDE). En 2010, la France a produit 355 millions de tonnes de déchets, soit 3 % de plus qu’en 2008. Le taux de recyclage des déchets non minéraux non dangereux s’élève en France à 51 %, tandis que 14,8 % sont valorisés sous forme d’énergie et 34,4 % sont encore stockés en décharge ou incinérés sans valorisation énergétique. Les matériaux de construction représentent à eux seuls près de 40 % des besoins de matières et, dans le même temps, seulement 65 % des déchets du bâtiment et des travaux publics traités sont recyclés.

Sabine Alaguillaume