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Gil - Groupement Interprofessionnel du Luminaire

on 24 février 2011. Posted in A la découverte 2011

Interview de Gérard Laizé, Directeur général du Via

Un marché incandescant

Le Gil organisait en décembre dernier une journée technique dont l’objectif était entre autres de faire le point sur les différents courants en matière de création de luminaires. Intervenant sur cette rencontre, Gérard Laizé, Directeur général du Via, répond à nos questions.
Lustre Lacrime del pescator  de Ingo Maurer.
Mobilium : Quels sont les moteurs de la création de luminaires, aujourd’hui ?
Gérard Laizé : La principale source d’inspiration est, sans jeu de mots, la source lumineuse elle-même. Depuis les chandelles jusqu’aux Led, à chaque fois de nouveaux champs créatifs ont été ouverts grâce aux qualités intrinsèques des nouvelles technologies. Les Led ou la fibre optique sont aujourd’hui très inspirants pour les créateurs et suscitent des choix esthétiques nouveaux. La lumière froide, par exemple, permet d’utiliser des matériaux tels que le papier ou la fibre qui auparavant auraient brûlé. De même, on intègre désormais directement l’éclairage à l’architecture, grâce aux Led ou à la miniaturisation des lampes (les lampes halogènes sont ainsi bien plus faciles à camoufler que celles à incandescence). Bref ces nouvelles sources développent considérablement les occurrences d’utilisation.

Mobilium : Quel est le potentiel de la France, par rapport à des pays historiquement très forts en matière de design, tels que l’Italie ?
Gérard Laizé : La France n’a aucun complexe à avoir ! La fabrication des sources lumineuses n’est pas toujours française et souvent asiatique. Mais en aval, il y a ici une grande diversité dans l’application de ces technologies et les designers nationaux ne sont définitivement pas en reste pour les exploiter. Depuis Mathieu Lustrerie qui adapte des Led sur des lustres du XVIIIe siècle, jusqu’à des designers très high-tech, l’éventail est large. Si l’on considère juste les luminaires dont nous assurons chaque année le prototypage au Via, il n’en existe pas l’équivalent en Italie. Ce n’est pas un hasard si des industriels italiens comme Flos ou Artemide éditent chacun plus de dix designers français !Premier modèle  de la collection Eco-Logic  de Catellani & Smith, Atman  s’illumine lorsqu’on touche le fil d’alimentation très fin et  presque invisible.

Mobilium : Certains pays asiatiques ont une longue tradition en matière de luminaire. Qu’en est-il de leur créativité ?
Gérard Laizé : L’Europe reste le continent leader qualitatif et quantitatif, en la matière. En Asie, le Japon est à part, avec une approche très particulière, un soin appuyé apporté aux détails, et finalement un processus créatif proche de celui de l’Europe. On y rencontre la même conception matérielle liée aux innovations en matière de sources et chaque année, le pays produit des créations très intéressantes. D’autant plus qu’il demeure très pointu en matière de technologie. Le reste de l’Asie reste formellement plus traditionnel, ayant recours au papier, dans une approche très origamique de la lampe, ou au tressage comme aux Philippines. Mais cela demeure d’une créativité limitée, même si ces méthodes sont associées, bien sûr, aux nouvelles sources lumineuses.