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Ingvar Kamprad, créateur d’Ikea

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20180601-kampradDisparition

Ikea est en deuil. Son créateur, Ingvar Kamprad, est décédé le 27 janvier dernier à l’âge de 91 ans. Si cet homme respecté a notamment lancé les meubles en kit, il a aussi un passé proche du nazisme.

«Un vrai entrepreneur qui, par l’œu­vre de sa vie, a contribué à faire connaître la Suède dans le monde entier », déclare Carl XVI Gustav, le Roi de Suède. Pour recevoir un hommage appuyé d’un roi, il faut être un grand Monsieur. Sans aucun doute, Ingvar Kamprad en était un. Le créateur d’Ikea est décédé le 27 janvier dernier, à 91 ans. Les hommages se sont succédé dans le pays scandinave, à l’annonce de la mort de l’un des représentants les plus charismatiques du pays. Dès le début de son entreprise, il insiste sur ses origines. Ikea est en effet un acronyme de son nom (Ingvar Kamprad), suivi de la première lettre de la ferme familiale (Elmtaryd) et du nom de son village natal (Agunnaryd). Les couleurs qui représentent l’enseigne sont le jaune et le bleu, soit les mêmes que celles qui composent le drapeau suédois.  

Un businessman accompli
Avant de devenir l’un des hommes les plus riches du monde (4e en 2007, d’après le magazine Forbes, avec une fortune estimée à 33 milliards de dollars, chiffre qu’il a contesté), Ingvar Kamprad a vendu des allumettes. Né en 1926 dans le Småland, une région pauvre de la Suède, il développe très vite un sens aiguisé pour les affaires. Il se mettra à vendre des semences pour le jardin. « J’ai connu une grande réussite avec cette activité. Je rendais visite à toutes les maisons de mon village. Après cette année, j’ai pu m’acheter ma première bicyclette », avait-il déclaré. En 1943, il décide de monter sa propre entreprise. À l’origine, il vend des stylos, des cadres, des nappes, des bijoux, des bas en nylon et de la petite maroquinerie, en faisant du porte-à-porte. Voilà les débuts d’Ikea.En 1945, Ingvar Kamprad se lance dans la vente par correspondance. Aujourd’hui, son catalogue est tiré à plus de 210 millions d’exemplaires à travers le monde. En 1947, il intègre pour la première fois des meubles, qui deviendront l’unique secteur d’activité d’Ikea, dès 1951. Il décide ensuite de développer des produits selon la devise FFF (Fonctionnalité, Forme et Facilité à être produit). Ainsi, en 1956, la marque de fabrique d’Ikea apparaît : la vente de meubles en kit. Ingvar Kamprad a cette idée en voyant un salarié ayant du mal à charger une table déjà montée dans une voiture.C’est grâce à cette idée révolutionnaire qu’Ikea deviendra le leader du marché, et son patron un homme fortuné. Cependant, il a tenu à conserver une image d’homme modeste, lui qui conduisait une vieille Volvo, voyageait en seconde classe et se décrivait comme un brave type.

(Très) proche du nazisme
Cependant, aucun homme n’est parfait. Ingvar Kamprad a poussé l’optimisation fiscale à l’extrême. Il aurait profité des paradis, pour son entreprise, en dissimulant des milliards d’euros au Liechtenstein (il a également nié cette information). N’étant plus propriétaire d’Ikea, il a délégué la direction de l’entreprise à une fondation. Fondation qui était contrôlée par… lui-même. En 1976, il déménage en Suisse afin d’éviter de payer les impôts dans son pays natal.Mais la plus grande zone d’ombre de l’entrepreneur se situe dans sa connexion avec le nazisme, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Pendant la guerre, il mena, en cachette, une vie de militant nazi qui l’aurait même poussé, selon une journaliste suédoise, à rejoindre les Jeunesses nordiques (équivalent suédois des Jeunesses hitlériennes). Après de nouvelles révélations témoignant de son attachement à Per Engdahl, leader du mouvement pro-nazi, Ingvar Kamprad s’excuse auprès de ses salariés dans une lettre où il assume son passé, mais qu’il qualifie d’erreur de jeunesse et de plus grande erreur de sa vie.Malgré la mort d’Ingvar Kamprad, Ikea continue de perdurer. En 2016, l’enseigne perpétuant son œuvre a réalisé un chiffre d’affaires de 34,2 milliards d’euros, a reçu 783 millions de visiteurs dans ses 340 magasins, répartis dans 28 pays, et emploie plus de 150 000 personnes. Ses trois fils sont conseillers de l’entreprise, qui est passée du porte-à-porte à leader mondial du marché de l’ameublement, grâce aux idées et à la gestion d’Ingvar Kamprad.

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